Women in rock : épisode 1

Pionnières du rock, battantes des sixties et exploratrices du son

En me référant sur des  livres: Girls Rock de la journaliste Sophie Rosemont  et Respect : le rock au féminin qui retracent  le parcours de celles qui ont gagné par leur charisme leur place sur la scène rock, je vous propose un panorama des femmes dans le rock. Une odyssée musicale du militantisme féministe, des femmes partant à la conquête de la célébrité et de la reconnaissance de leurs talents. Quelle que soit l’époque, les rockeuses sont toutes des combattantes car elles ont dû se battre et souvent se rebeller pour mener leur carrière, s’imposer et mener librement leurs choix artistiques.

C’est  donc une plongée rebelle dans l’histoire du rock au féminin, des filles qui ont pris le micro et leurs instruments pour être sur le devant de  la scène comme leurs comparses masculins. Il faut dire que l’on revient de loin, car le monde du rock fut longtemps  très masculin et machiste. Beaucoup d’entre elles sont devenues des icônes de la pop-culture, voire des business women, des figures mythiques du rock refusant de jouer seulement les groupies, les simples choristes ou les poupées Barbie derrière un micro.

Cette première partie est consacrée aux pionnières du rock, aux battantes des sixties-seventies et aux exploratrices du son.

Les pionnières : Les blues-women ont souvent été éclipsées dans l’historiographie du rock. Pourtant elles dénonçaient  la ségrégation, le patriarcat, toutes formes de machisme, les violences conjugales et les inégalités sociales, en clair des militantes avant l’heure.

La légendaire guitariste Sister Rosetta Tharpe fut une des premières à mélanger le blues, le jazz, le gospel et le rock jugé alors scandaleux. C’est l’utilisation de la guitare électrique dans le rhythm’n’blues qui va donner ce son rock.  Alors que Billie Holiday mena une vie qu’on qualifierait aujourd’hui « de rockeuse », tandis que la chanteuse de rhythm’n’blues Willie Mae Thorntorn dite Big Mama fut la créatrice du tube Hound Dog.

Il faut compter aussi sur les voix rebelles d’autres des chanteuses, de blues, de jazz et de soul comme Etta James qui féminise les standards en défendant la condition féminine, Koko Taylor, la reine du blues, Dinah Washington, Roberta Flack tandis que Nina Simone s’engage dans le combat pour les droits civiques en utilisant ses chansons militantes et en devenant une porte-parole féministe.

Les chanteuses blanches sautent le pas dans les années 50 comme Maybelle Carter, Bonnie Buckingham dite Bonnie Guitar, Patsy Cline du Nashville sound qui passe de la country au rock, Janis Martin, mais surtout  Wanda Jackson l’une des pionnières du rock au féminin, chanteuse de country passé au rockabilly poussé par Elvis lui-même. Elle fut même -son rival féminin à ses débuts. Il faut compter aussi sur l’enfant chéri du rock n’ roll pour les teenagers, la femme-enfant Brenda Lee.

Les battantes des années 60-70 : sexe, drogue et rock n’roll

Malgré ses multiples mariages et sa vie de mère de famille, Aretha Franklin mène sa carrière comme elle l’entend.  Reine de la Soul, elle est la première femme à être intronisé au Rock and Roll Hall of Fame. En 1967, Aretha Franklin reprend « Respect » d’Otis Redding en inversant le sens des paroles pour dénoncer le règne de la misogynie ordinaire en réclamant le respect de toutes les femmes. En rejetant le modèle de la femme au foyer, la diva de la black music au tempérament bien trempé  inspire ainsi les générations suivantes.

La bohème Joni Mitchell est admirée par tous (Peter Gabriel, Neil Young etc.), pour sa voix éthérée et ses textes inoubliables. Indépendante, d’une sensibilité esthétique exacerbée, elle fait partie des premières auteure-compositrice-interprète.  Dans un autre style Grace Slick, voix soprano de Jefferson Airplane,  est la grande prêtresse  du  rock acid  psychédélique californien  des hippies rejetant le matérialisme, la guerre et défendant la liberté sexuelle et la consommation immodérée de drogues.

 Les multi-instrumentistes et les audacieuses touche- à-tout : perfectionnistes, exploratrices de nouveaux univers, charismatiques, elles sont auteurs, compositrices, interprètes et musiciennes.

Kate Bush (dite la sorcière du son) veut tout faire elle-même. C’est une artiste de studio qui peaufine ses albums pendant des années.  Parmi ces nouvelles exploratrices du son, il y a Annie Clark alias St Vincent, l’Islandaise surdouée Björk, la cassandre du rock indépendant Cat Power, la talentueuse Rickie Lee Jones, et enfin (et surtout !). Laurie Anderson, la diva digitale visionnaire, éternelle adolescente, spécialiste des concepts-spectacles futuristes.

Le prochain épisode de cette folle histoire rock au féminin sera consacré aux artistes féminines meneuses de groupes (garçons ou de filles) et celles qui se sont émancipées.

Et n’oubliez pas de faire un tour du côté de la numothèque où une belle sélection a été faite sur le sujet !

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