Women in rock : épisode 4

Dans ce dernier épisode nous allons voir que l’esprit et la culture rock sont depuis toujours contestataires. Ce n’est pas étonnant que de nombreuses rockeuses expriment en musique leur idéalisme et leurs opinions, certaines voulant casser les codes. Le rock est aussi un style musical propice à tous les excès pour le meilleur mais aussi parfois pour le pire.

Les engagées : celles qui veulent se faire entendre à travers des revendications chantées, des militantes qui n’hésitent pas à s’exprimer sur scène.

Joan Baez, compositrice interprète pacifiste du folk contestataire s’oppose à toutes les injustices, une infatigable militante de la paix et de l’égalité raciale, une idéaliste sincère jouant et chantant seule sur scène accompagnée de sa guitare.

La légende vivante du rock intellectuel, l’androgyne et charismatique Patti Smith, une poétesse punkette rimbaldienne s’intéresse aussi à la photo, peinture…

Tracy Chapman incarne la continuité du protest-song néo-folk. Elle participe au concert contre l’apartheid en Afrique du Sud en 1990, demandant la libération du leader Nelson Mandela.

La chanteuse politisée et philanthropique Cher n’hésite jamais durant sa longue carrière à défendre par exemple les droits des LGBT.

Tori Amos et Fiona Apple sont d’autres exemples d’artistes militantes, plus discrètes mais tout aussi engagées.

L’irlandaise au crâne rasé, Sinead O’Connor, exprime dans sa carrière mouvementée les blessures de son enfance maltraitée. Elle subira les conséquences de ses multiples scandales.

Pas de fausse pudeur pour la canadienne Alanis Morissette qui n’hésite à se m être de mettre à nu dans un clip.

Odetta Holmes exprime sa colère face à la ségrégation, s’engage dans la lutte pour les droits civiques. C’est la reine du folk américain.

Du côté de la chanson française, il y a Catherine Ribeiro,  artiste libertaire et entière, héritière de Colette Magny pour ses textes engagés.

Les Anglaises  Anna Calvi et PJ Harvey, aux styles musicaux différents, sont toutes les deux des chanteuses libres. Elles  n’ont pas peur d’exprimer leurs émotions, qui sont parfois agressives.

Les queers : elles brisent les tabous, elles rejettent le conformisme et les normes du genre.

L’audacieuse Wendy O. Williams une chanteuse punk, était considérée comme la plus controversée et la plus radicale artiste de son époque. Elle ira jusqu’au bout du No Future en se suicidant par arme à feu en 1998.

Ma Rainey (Gertrude Pridget) charismatique, la mère du Blues, revendiquant la liberté transgressive, rejette le modèle féminin de son époque, assume son homosexualité et vivant sur scène comme dans sa vie privée.

Beth Ditto, bien dans son corps, chanteuse de Gossip, lesbienne engagée pour la défense des droits des homosexuels et transgenres.

Dans un style encore plus extrême, on trouve la chanteuse Peaches, qui n’a pas peur d’afficher ses préférences.

Lydia Lunch est considérée comme la prêtresse de l’underground new-yorkais, l’égérie et la fondatrice de la No-Wave.

K.D Lang , crooneuse canadienne lesbienne et défenseuse des droits des animaux, affiche librement sa personnalité à travers notamment un look masculin.

Les excessives : celles à la destinée parfois tragique par leurs excès, scandaleuses, des talents foudroyés, des vies cabossées, qui ont rejoint les étoiles filantes du rock.

Parmi les destins brisés, celui de Bessie Smith, la rebelle  surnommée l’impératrice du blues, pionnière de l’afro-féminisme dans les années 20, connue pour sa vie dissolue et ses crises de nerfs légendaires, elle rejette la servitude de la femme soumise. Idem pour Big mama Thornton, chanteuse de rhythm n’blues précurseuse du rock, son mode de vie très rock n’roll  fut sujet scandaleux à son époque.

La texane à la voix d’or déchirée, Janis Joplin la première grande chanteuse virtuose du rock, s’imposant comme l’impératrice de la soul psychédélique en tant qu’héritière des blues-women.   Elle est une des  rares chanteuses à chanter de la soul et du blues, Pearl à la dérive. Cette personnalité exubérante meurt d’une overdose en 70 dans une chambre d’hôtel, rejoignant le club des chanteurs morts à 27 ans.

Autre destin tragique, la bassiste chanteuse Karen Carpenter, représente par sa descente aux enfers, les rêves brisés de l’Amérique. Les pressions du show-bizz et son anorexie lui seront fatales.

Plus récemment, Dolores O’Riordan, la voix si reconnaissable des Cranberries est retrouvée noyée dans son bain, torturée par ses démons.

De même pour Amy Winehouse  qui connait un immense succès mondial grâce à sa voix soul et son charisme. Malgré ça, elle sera rattrapée par ses angoisses, son mal de vivre et rejoint en 2011 le club des 27.

Malgré son physique xxl en dehors des canons de son époque,  Cass Elliot (The Mamas and The Papas), par sa personnalité énergique s’impose comme leader de la pop hippie.

Pour finir sur une note plus positive, l’Allemande Nina Hagen est non conventionnelle, théâtrale, rebelle et outrancière. Trop excessive pour l’ex-Allemagne de l’Est, elle est expulsée de RDA en 76 pour son attitude anti-sociale.

On peut citer aussi les dérapages de l’impulsive Courtney Love de Hole, veuve de Kurt Cobain idole du Grunge.

Dans cette saga de quatre épisodes de l’histoire du rock au féminin, vous pouvez retrouver toutes les documents (cd, livres, dvd, partitions) des rockeuses citées dans les fonds des bibliothèques du réseau grenoblois.

Les albums d’une partie d’entre elles sont à écouter sur DiMusic, votre bibliothèque numérique.

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