Une blonde trash, sexy et atomic, mais c’est Blondie!

Blondie c’est le nom d’un groupe américain de pop-rock mené par une légendaire chanteuse punk, glamour, cool, la mystérieuse blonde atomique issue de la scène underground new-yorkaise, miss Debbie Harry.

La petite adoptée Déborah brune et timide recherche son identité dans le New-Jersey des années 50, elle veut échapper aux standards conventionnels de vie bien rangée de la classe moyenne blanche. Rêvant d’être la fille de Maryline Monroe, anti-conformiste et voulant prendre en main son propre destin, la rebelle décide à 20 ans de tenter l’aventure à New-York et s’installe à Greenwich Village, le centre du mouvement de la contre culture de la grande Pomme.

Elle tente plusieurs aventures pour survivre et pour percer sur la scène artistique: membre d’un groupe folk féminin, bunny girl, serveuse au Max’s Kansas City ou elle fréquente des célébrités de la culture américaine comme Lou Reed et Andy Warhol dont elle deviendra l’égérie. Elle prétend avoir réussi à échapper à une tentative de kidnapping du tueur en série Ted Bundy. Après une plongée dans l’héroïne, elle décide de remonter la pente, elle se teint en blonde avec l’ambition de devenir une légende.

Elle revient au sein de la scène punk-rock avec un groupe de filles les « Stilletos», puis en 74 rencontre décisive avec le guitariste Chris Stein, une histoire d’amour accouchant d’un groupe, Blondie, avec d’autres musiciens (le batteur Clem Burke, le pianiste Jimmy Destri…). On dit que le nom du groupe est une référence à un célèbre comic ou qu’ il viendrait plutôt des sifflets des hommes sur le passage de la blonde platine Debbie.

Blondie devient un regroupement de musiciens hétéroclites ayant une femme fatale comme chanteuse, une sorte de barby moderne trash ayant le glamour des grandes stars féminines du cinéma, proposant des mélodies pop style années 60, mélangées avec du punk énergique.

Le groupe Blondie, joue alors dans le fameux club CBGB, dans ce temple du rock underground ou l’on peut entendre chanter les Ramones, The Fleshtones, Talking Heads, Patti Smith. Mais la décolorée Debbie sort du lot car la personnalité de la chanteuse platine intrigue et commence à devenir une figure emblématique de la scène alternative new-yorkaise.

En 76, le premier album éponyme sort, c’est un échec commercial, mais un dj de radio programme Blondie sur les antennes et les fait venir sur la côte Ouest en Californie, Debbie devient alors une icône pour les teenagers californiens.

Puis Blondie bénéficie du soutient du parrainage de David Bowie et d’Iggy Pop dont le groupe fait la première partie de leur tournée. «In the flesh» devient le premier succès de Blondie, puis le hit «Denis» en 77 est leur premier numéro 1 aux States, tiré du deuxième album Plastic Letters.

Avec la rencontre du producteur Mike Chapman, Blondie devient un groupe plus rock avec des mélodies accrocheuses comme pour «Heart of glass» et en produisant l’album Parallel Lines en 1978 qui sera le plus gros succès populaire de leur carrière en mélangeant divers styles musicaux.

On parle alors du « son » Blondie, en effet le groupe explore les diverses scènes underground de l’époque comme le disco, le funk, la new-wave, le reggae avec la reprise «The tide is high», le rap et le hip-hop avec «Rapture» en 81.

Debbie l’oxygénée devient la femme fatale célèbre la plus photographiée après Lady Di. Mais sa renommée fait de plus en plus des envieux au sein du groupe qui est toujours sur la route autour de la planète pour faire la promotion de leurs disques…

Le producteur Giorgio Moroder propose à Blondie d’interpréter «Call me» pour le film American gigolo, qui sera leur plus grand succès mondial en 1980 ainsi que la participation à la B.O de Scarface en 82.

Mais au début des années 80 au sommet de la gloire, Debborah commence à étouffer dans son personnage de Blondie. Elle collabore avec Nile Rodgers du groupe Chic et avec le plasticien suisse Hans Ruedi Giger créateur du monstre fantastique du film Alien, mais son album solo KooKoo se vend mal.

Les jalousies, rancœurs et tensions au sein du groupe, la drogue, les dettes et finalement la maladie de Chris mène Debbie à faire une parenthèse en 1982 : c’est la séparation, un besoin de tout plaquer se fait alors sentir.

Debbie décide alors pour ne pas plonger dans la déprime de diversifier son travail artistique. Elle réalise des expériences diverses comme dans la cinéma (le film Hairspray en 1988).

Debbie continue à s’amuser de son image de première pin-up pop-rock inspirant d’autres artistes féminines comme Madonna. Ainsi dans le monde de la scène rock qui reste très masculin, voire macho, Debbie inventa le Girl power.

Après 15 ans de silence, le groupe se reforme en 1999 avec l’album Not Exit avec «Maria» qui fut le dernier grand succès, suivi par The Curse of Blondie en 2011, puis Panic of Girl.

En 2013 elle réalise un duo avec Etienne Daho sur le titre «L’Etrangère» et en 2017 les vétérans punks de Blondie réalisent pour leur dernier album une collaboration avec Joan Jett.

Avec des hauts et des bas la divine Blondie/Debbie à survécu en créant sa propre légende, une icône de la pop-culture ayant refusée d’être victime du star-system, restant toujours une incarnation d’un fantasme de toute une génération, en étant finalement elle même et en nous laissant en héritage des tubes mémorables…

Author: Stéphane

Encyclopédiste des années 80 et collectionneur de 45 tours, il ne s'est toujours pas remis de la séparation du groupe ABBA. A toujours rêvé d'être un rockeur à la Rod Stewart mais aurait aimé aussi savoir jouer de la harpe celtique. Véritable archéologue du fonds commun Musique, il souhaite faire revivre des artistes inavouables à travers des articles et des vidéos sur Bmol, en assumant sans complexe son côté rétro et nostalgique de la génération Casimir! A osé un jour passer "Dancing Queen" à l'espace Musique et Cinéma de la bibliothèque Kateb Yacine !

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