The SLITS – Cut

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Le disque phare du trio féminin britannique The SLITS (littéralement « les fentes ») s’intitulant Cut est autant réputé pour sa pochette – on y voit les trois membres du groupe seins nus et couvertes de boue – que pour sa musique révolutionnaire.

A sa sortie en 1979, année extrêmement riche pour le punk rock, ce disque a véritablement détonné. En effet, cet album est plutôt difficile à classer sachant que le trio féminin a réussi à fusionner de manière très habile différents genres musicaux tout en conservant un esprit punk et féministe comme ligne de conduite.

Le mélange de punk classique, dub, ska et reggae, ses rythmiques réussies ainsi que ses voix angoissées placent ce disque entêtant tout en haut des grands disques de cette année tels que « London Calling » des Clash ou « Unknown pleasures » de Joy Division.

L’énergie fournie par la chanteuse Ari Up donne à la musique une évidente touche punk et lorsque cela est combiné avec du reggae, on pourrait penser à un mix féminin de Peter Tosh et Joe Strummer.

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Le disque débute justement par un reggae énergique et décontracté avec Instant Hit, certainement le morceau le plus jamaïcain de l’album, sur la consommation de drogue. Mais les humeurs changent rapidement d’une chanson à l’autre et c’est ce qui fait de Cut un album si plaisant et étonnant. On passe alors d’un jam reggae au punk, avec des incursions par la new wave optimiste ou par des rythmiques erratiques et les riffs de guitare « rebondissants » produits par Viv Albertine, par exemple sur cette ode au vol à l’étalage qu’est Shoplifting.

Cut est truffé de petites idées géniales, notamment à travers un excellent travail effectué en arrière-plan par les chœurs formés par les autres membres, dont la liberté d’imagination est véritablement émoustillante. Les petits sons métalliques en appui et les cris de toutes sortes  rendent les mélodies très accrocheuses, voire addictives. Certains morceaux restent en tête très longtemps après l’écoute que ce soit grâce à la voix d’accompagnement sur So Tough ou à la guitare jazz rythmée que l’on trouve sur Ping Pong Affair.

Cut est en fait très amusant. Amusant dans la façon dont Ari Up roucoule et glapit à travers les chansons comme une écolière précoce narguant tous les garçons et les enseignants mais aussi dans la façon dont le groupe transforme chaque sujet qu’il touche en un terrain de jeu vertigineux, que ce soit une diatribe contre des rôles de genre prédéfinis (Typical girls), une histoire sur Sid Vicious et Johnny Rotten (So Tough), ou des chansons abordant d’autres sujets didactiques comme la propagande médiatique invasive (FM) ou encore l’amour idéalisé d’un nouvel achat (Spend, Spend, Spend).

Enfin, un des meilleurs morceaux de l’album est une reprise de Marvin Gaye, I heard it through the grapevine. Tout l’esprit espiègle du groupe y est présent : reprendre un classique de la soul sans le détruire mais plutôt en le détournant de manière punk et coquine, pour le fun.

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