Laetitia Sheriff Group

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celui où j’achetais encore des CD.
Hé oui, ami Jeune, au début de ce siècle qui n’a que 15 ans, Internet n’était pas encore cette corne d’abondance musicale (à moins d’aimer le son du modem 56k le soir au fond des bois…) et les mélomanes avaient recours à ces étranges galettes arc-en-ciel pour assouvir leur vice…

Or donc, en 2004, j’achetai le premier album de Laetitia Sheriff (salué par la critique ici ou ), j’ai nommé, « Codification », qui s’ouvrait sur ça :

Laetitia Sheriff « Codification »

Toujours en mal de mots pour décrire ce dont il parle, le critique musical se vit alors réduit à l’affubler de qualificatifs tels que « PJ Harvey à la française » ; aucun n’osa « La Cat Power rennaise » mais ce fut tout juste…
En 2008, un deuxième album « Games over » (complètement passé hors de mes écrans radars, je l’avoue #lavietoutça) et fin de l’année dernière, le grand retour avec « Pandemonium, Solace and Stars » (pour la traduction, c’est ici).

C’est comme de retrouver une amie perdue de vue, comme si on s’était quitté la veille. La voix est fragile et distinguée, les guitares engagées, la rythmique efficace, le tout au service de compositions qui vont souvent là où on ne les attend pas et forment malgré tout un ensemble cohérent, un bel échantillon de ce que le rock indé peut faire de mieux.
Illustration :

Laetitia Sheriff Portrait

Mais si l’album oscille sans cesse entre mélodie pop et tendance noise, la prestation de Laetitia Sheriff sur la scène de La Bobine, vendredi soir, a clairement fait pencher la balance du côté obscur.
Emportée par un trio classique – guitare, basse, batterie (comme au bon vieux temps…) -, la douceur fait rapidement place à la fureur et aux guitares saturées. Le public rapidement conquis pogote à qui mieux mieux hoche la tête en rythme et apprécie en connaisseur…
Pour ma part, cette énergie noire et brute m’a fait l’effet d’un bain de mer le 1er janvier, un bon décrassage, le genre à vous faire faire des choses folles…
Tiens, et si j’allais m’acheter un CD ?

* « Décolle ! », extrait du morceau Friendly Birds

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