lights

Chaque année apporte son lot de nouveautés dans les rayons de vos bibliothèques musicales, et chaque année se pose le même problème : faire de la place aux nouveaux venus, et pour cela, faire disparaître autant de disques qu’il en arrive; alors on trie, on examine à la loupe les statistiques de prêts, les « taux de rotations », le rapport « empruntés/empruntables » etc , pour déterminer qui passera à la trappe, qui au purgatoire, et qui sera bénéficiaire d’une dernière chance… exercice délicat s’il en est !

Le couperet est souvent la fatidique « date de dernière sortie » : et c’est ce qui arrive à ce disque, auquel il vous appartient de donner une dernière chance, car cette petite pépite est restée au fond de son bac pendant toute une année (ce qui pourtant n’est pas grand-chose en regard de l’éternité).

Enregistré à Londres en 1988, « Somewhere » est un album du groupe Lights in a Fat City, constitué autour de Stephen (ou Steven) Kent, un anglais percussionniste et joueur de didgeridoo, précurseur dans l’utilisation de cet instrument hors du contexte de la musique des Aborigènes d’Australie et du lien avec le monde des esprits du Temps du Rêve . Il a beaucoup composé pour le cirque et la danse, et sa renommée, surfant sur la vague de la musique New Age et de la World music, s’est étendue à travers le monde.

On l’entend ici sur « Burundi », de Michel Portal, en compagnie de Mino Cinelu aux percussions, dans un mariage réussi entre clarinette basse et didgeridoo, 2 voix qui s’entrelacent dans les graves :

Sur « Somewhere », cet album qui attend d’être sauvé par votre emprunt, on passe de titres très rythmiques comme « Thunder » à des titres plus planants et expérimentaux, comme “Dolphin dreaming” ou « Valley of the winds », dans lesquels le didgeridoo étend ses nappes sur les effets électroniques de Simon Tassano.

Au passage, est-ce que vous saviez qu’à l’origine le didgeridoo était fabriqué dans des branches d’eucalyptus évidées par les termites ? Heureusement il existe désormais des méthodes plus rapides et plus simples, voire encore plus simple; et ensuite, il ne vous reste plus qu’à souffler !

Saviez-vous également qu’il existe un festival en France quasiment entièrement consacré au didgéridoo ? Il s’appelle « Rêve d’Aborigène », et se déroule à Airvault (dans les Deux-Sèvres, région Poitou-Charentes) chaque été.

Et que l’instrument a aussi traversé les frontières des genres, et qu’il est désormais promu au rang de soliste accompagné par un orchestre symphonique ?

…bien loin en tout cas de ce que certains rapprochent du barrissement de l’éléphant…

Et enfin, comment parler du didgéridoo à Grenoble sans évoquer les locaux de l’instrument; Zalem, que l’on a entendu il y a quelques temps dans les Bibliothèques de Grenoble, et Djemdi, groupe utilisant comme son nom le suggère djembé et didgeridoo et dont les albums sont disponibles dans les rayons « Scène locale ».

Où trouver cet album ?

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