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Depuis la nuit des temps, la musique et le scandale font bon ménage car les artistes ont le pouvoir d’exprimer en musique leur sens de la provocation et de la polémique à travers les paroles de leurs chansons, leurs clips-vidéo ou par les frasques de leur vie privée et publique. Et beaucoup d’entre eux ne s’en privent pas.

Le spectre de la provocation dans le monde musical est large.
Mais attention, la provocation afin de créer le scandale, le clash, le buzz est un art difficile, car il faut savoir manipuler les médias et le public. Certains artistes sont devenus des spécialistes tandis que d’autres sont victimes des effets boomerang de leurs propres provocations, car un scandale mal maîtrisé peut parfois briser une carrière.
Un jeu complexe du chat et de la souris entre les paparazzis, le public et les artistes, une relation que les membres du groupe Queen expriment si bien dans ce titre bien nommé :

Les artistes provocateurs sont légion, la nature du scandale peut-être multiple, volontaire ou pas et concerne tous les styles musicaux avec quand même une concentration dans le rock, le métal, la pop, le rap et le R’n’b. En effet, on ne compte plus les chansons faisant l’apologie (ou présumée) de la consommation de substances illicites, de la violence, du sexisme… qui ont défrayé la chronique.

L’extravagance est ainsi devenue la norme, c’est le règne de l’exhibition tous azimuts. Les artistes doivent faire le buzz en permanence pour exister afin d’assurer leur publicité. Ils sont donc poussés à créer de la provocation pouvant aller jusqu’au scandale entraînant parfois la colère de certaines associations, voir des autorités ou de la justice (on se rappelle de l’affaire du rappeur Orelsan et
les nombreux procès pour plagiat pour lesquels se sont fait épingler Shakira, Taylor Swift, Robin Thicke, William Pharrell, Beyoncé, Katy Perry…).

Même la papauté peut parfois amplifier le scandale. Je me souviens qu’en 1992, la chanteuse irlandaise tourmentée Sinead O’Connor avait, à la stupéfaction des spectateurs lors d’une émission télévisée, déchiré en direct une photo du pape de l’époque (voir ici), elle déclencha un scandale planétaire. Idem pour Madonna dont le clip de «Like a prayer» fût censuré par le Vatican. En effet, une madone qui embrasse un christ noir sur fonds de croix enflammées pouvait susciter la colère papale.

l’Eurovision à droit aussi à ses scandales, la victoire en 2014 de la «femme à barbe» autrichienne alias Conchita Wurst provoqua l’indignation des pays conserveurs participants. On fût à la limite de la rupture diplomatique comme en 1985 quand Renaud sorti « Miss Maggie » et que nos amis Anglais furent furieux qu’un chanteur français insulte en chanson leur premier ministre (Margaret Tchatcher). Depuis ils ont décidé de sortir de l’Europe !

Certains chansonniers en apparence bien innocents ont droit aussi à leur scandale (à leur insu ou pas d’ailleurs) : petite pensée au pétage de plombs de Chantal Goya dans une émission télévisée en 1985 qui brisa sa carrière, ainsi qu’à George Michael qui avait déjà suscité la polémique avec son tube «I want your sex» et qui récidiva plus tard en étant arrêté par la police pour atteinte à la pudeur. Depuis il s’est calmé en faisant son coming-out. Dans un autre style, les derniers titres fêtards de Patrick Sébastien et de son double Sébastien Patoche furent jugés trop vulgaires par certains publics.

Quand on parle de scandale, je pense aussi au titre d’un album de Gianna Nannini «Scandalo», à une tournée de Thiéfaine intitulée «Scandale mélancolique», au groupe éponyme des années 80 de new-wave, Scandal menée par Patty Smyth, ainsi qu’au groupe féminin nippon de J-pop (pop japonaise).

Mais la palme revient à la reine et au roi du scandale, j’ai nommé Madonna, la très sexy «material girl», et Serge Gainsbourg surtout dans sa période «Gainsbard» (peut-être ex-æquo avec Michael Jackson).

Ce sont en effet les champions toutes catégories, par leurs provocations scandaleuses biens maîtrisées avec parfois quelques dérapages. On a le choix entre des clips sulfureux et des chansons controversées, des prestations télévisées illustres, une vie privée tumultueuse très médiatisée. Seul la madone reste aujourd’hui en liste, elle n’a pas encore dit son dernier mot en matière de scandale même si la relève est assurée avec Lady Gaga, Miley Cyrus, Britney Spears, Rihanna…

Il faut toujours replacer le scandale dans son contexte, car le scandale d’hier n’est pas forcément celui d’aujourd’hui, finalement contrairement aux paroles de Sasha Distel dans le « star system » le scandale ne reste jamais en famille.

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