Le monde de la politique et celui de la musique ont toujours entretenu des rapports étroits et complexes. A l’occasion de la campagne présidentielle, il peut sembler intéressant d’explorer les liens qui unissent Musique et Politique…

(Suite…) Si l’on sait que Christine Boutin n’est pas une grande fan de métal et que Brice Hortefeux ne partirait pas en vacances avec des rappeurs, on a appris récemment qu’ Obama déclarait écouter Jay-Z et Kanye West. Peu de politiques français semblent apprécier les musique urbaines à l’exception notable d’Olivier Besancenot qui aime Oxmo Puccino et Grand Corps Malade et apparaît même sur les 2 albums de Joey Starr.

Du côté du monde de la Musique, Evene.fr tente de répondre à la question qui passionne les officionados : l’engagement politique dans les musiques populaires. Le rock est-il de gauche?
Sur ce sujet, comme sur les liens qu’entretiennent artistes et affaires de la Cité, pas mal de chanteurs ou compositeurs se sont exprimés ici.

Si le rock a longtemps porté en son sein la révolte, l’inspiré Youssoupha remet les pendules à l’heure avec cette phrase qui sonne comme un tocsin : « (Le rap) c’est le seul son hardcore depuis que le rock n’a plus de couilles ».

Le Monde.fr publiait il y a quelque temps un article complet sur les rapports houleux entretenus depuis quelques années entre le pouvoir et le rap.

Nombre d’artistes jugés indésirables dans leur pays sont forcés à l’exil (l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly par exemple), menacés sur leur sol (on pense aux artistes Maliens et Syriens en ce moment) ou inquiétés par les autorités de leur pays.
Au contraire, d’autres artistes d’Afrique de l’Ouest chantent les louanges des puissants de leur pays, par intérêt ou par admiration. Voir ici ce passionnant article de la revue Ethiopiques..

La cause politique qui semble rassembler le plus de suffrages dans les camps des artistes reste néanmoins la lutte contre l’abstention. Témoin ce clip, récent appel auquel on participé de nombreux artistes.

Les personnages politiques ont également parfois les faveurs de chanteurs qui leur consacrent des titres… ou des remakes : le Marine Le Pen de l’irrévérencieux Philippe Katerine ou le Rama Yade du malicieux Don Choa (Fonky Family) qui propose d’ offrir à la demoiselle son « love prolétaire » pour tchatcher lutte des classes.

Ou encore ici un florilège d’hommages suite à l’élection de Barack Obama, déjà l’objet d’un article sur Bmol.Enfin, la prise de position de M’Beewan MC qui reprend d’un des candidats un slogan qui claque

Le soutien des chanteurs aux politiques se révèle être un exercice tentant mais parfois périlleux. Si certains ont déclaré avoir vu leur carrière en pâtir (Faudel, Martin Solveig) d’autres s’en sont prudemment éloignés (Johnny Halliday, Michel Sardou). Néanmoins on en compte encore aujourd’hui qui soutiennent celui en qui ils croient : Enrico Macias, Didien Barbelivien, Gilbert Montagné, Benjamin Biolay, Yannick Noah, Georges Moustaki
Et pourtant cette démarche ne semble guère influencer les votes selon un récent sondage (71% des déclarants). Pour preuve les élections de Georges Bush et plus anciennement Margareth Thatcher malgré d’importantes mobilisations d’artistes.Pour clore, le choix du futur président de la République sera prépondérant pour l’avenir des biens culturels en France. Hadopi d’un coté, Licence globale de l’autre, streaming sur la sellette, Acta en embuscade… chacun fourbit ses arguments et ses armes.A l’heure du bouleversement occasionné par le numérique et la dématérialisation des supports, la question centrale pour l’avenir des biens culturels sur Internet sera de trouver de nouveaux modèles de financement de la création adaptés à l’ère numérique.

Et peut-être que les bibliothèques auront leur partition à jouer là dedans ?

Je vous laisse aller voter avec le must en matière de Marseillaise, la version Gainsbourg

Où trouver ces documents?

Chansons politiques

Chants révolutionnaires

Chansons contestataires

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