Ici, à Bmol, on espère que vous avez pu passer de 2016 à 2017 en musique, que vous avez pu vous lever d’un vieux canapé usé pour vous rassoir sur un canapé neuf et plein d’espoirs, abandonner les chocolats que vous n’aimez pas et engloutir vos préférés avant les voisins, bref conclure cette année noire par une avalanche d’insouciance.

On espère que vous avez pu enterrer dignement les musiciens disparus, 2016 par la même occasion, sauter sur la tombe ou bien danser sur elle, comme il vous plaira.

Comme les indiens de la Nouvelle Orléans, les « Indians Reds », on continuera de faire les fiers et de la musique, malgré les morts, les cercueils et les processions. On marquera du pied la mesure, avancera à petit pas mesurés, tout en déhanchements, sans plier.
He won’t bow down, down on the ground / Il ne s’inclinera pas, ne s’inclinera pas
(Danny Barker – My Indian Red)

Toujours à la Nouvelle Orléans, où les enterrements sont traditionnellement l’occasion de jouer de la musique, on écoutera des vieux standards qui parlent d’un dieu, et on se sentira aussi proche du jazz funerals que de la country, comme des cow-boys trop vieux, trop fatigués. On imaginera les plaines désertes, les ciels immenses, la lenteur et l’odeur de la terre chaude.
Patsy Cline And Willie Nelson – Just a closer walk with thee

Je ne peux d’ailleurs que vous encourager à regarder l’excellente série musicale de HBO, Treme, qui a précisément pour sujet la scène musicale de La Nouvelle Orléans dans l’après Katrina. Tout est là, la force de la musique, la vie qui fait des vagues.

Ça n’est guère joyeux tout ça, me direz-vous, ça n’est guère léger, les processions, les enterrements, les morts, mais reste la musique, la petite musique qui continuera toujours de se faire entendre, dans les chambres, dans les rues, sur les trottoirs, pour peu que deux-trois personnes se retrouvent.

Doreen´s Jazz, New Orleans – Just A Closer Walk With Thee

Si vous ne connaissez pas la Blogothèque, son exploration vous est fortement recommandée. Leur principe, c’est d’emmener la musique à l’extérieur, dans les rues, demander aux musiciens de marcher, au hasard des rues, lors de concerts dits « à emporter ». Ils organisent également des soirées dites de « poches », des mini-concerts avec mini-public dans des lieux atypiques. Le résultat est souvent poétique, magique, unique, le temps suspendu, comme ici avec Wilco et Alicia Keys.

Mais ne soyons donc pas exagérément sombres ; avec le temps qui passe, on peut aussi compter les anniversaires, et un anniversaire, c’est toujours un bon moment pour faire la fête ! Bmol fête d’ailleurs ses 10 ans cette année (c’était habilement amené, n’est-ce pas ?) et d’ailleurs nous aurons largement le temps de vous en reparler d’ici là.

Pour conclure, on pourra verser quelques larmes sur le temps qui passe, sur les musiciens qui meurent, les brushings qu’on ne verra plus, les concerts auxquels on ne pourra plus assister… Et puis on pourra aussi pousser les portes d’Internet et se repasser encore et encore, en une longue boucle infinie, les musiques et vidéos qui nous font danser.

Une belle année 2017 à tous !

Why do you build me up (Build me up) Buttercup baby just to let me down (Let me down) / Pourquoi tu me construis (me construis) Mon bouton d’or juste pour me laisser tomber (me laisser tomber)
The Foundations – Build me Up Buttercup

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