Voici trois disques pas tout récents que j’ai redécouverts au hasard des retours à la banque de prêt, qui vous sortent des sentiers battus, avec une réelle audace : c’est HUGUES DE COURSON, compositeur et arrangeur, ancien compère du groupe folk « Malicorne », compositeur pour les chorégraphies de Philippe Découflé qui les signe, et déclenchera à l’époque l’ enthousiasme ou la critique…

O'stravaganza

En 1994, avec Pierre Akendengué il publie « Lambarena : Bach to Africa », joyeux mélange de Jean-Sébastien Bach donc, et de musique africaine, qui, nous devons l’admettre, présentent de belles similitudes.

En 1997, aidé de Ahmed el Maghraby, il conçoit « Mozart l’ Égyptien » : pourquoi ce mélange ? D’abord, Mozart aimait l’Égypte, il s’en est plus d’une fois inspiré ; ensuite les Égyptiens aiment Mozart, et les deux concepteurs de ce projet ont su allier la finesse et le charme de ces deux styles.

En 2001, c’est « O’stravaganza », un disque qui, comme son nom l’indique, s’inspire de Vivaldi et des musiques celtiques d’Irlande. Déjà, au 18e siècle, le musicien O’ Carolan rencontra le compositeur baroque Geminiani, qui lui fit connaître Vivaldi : là encore, le mariage de ces deux courants ne laisse pas indifférent, et la ressemblance peut même être confondante.

Musiques ethniques, musiques classiques, et déclinaisons variées autour et au cœur de ces deux styles : voilà de quoi enchanter vos oreilles pour patienter devant les congères sur les routes de l’hiver.

Que les puristes n’hésitent pas à nous incendier au bas de cet article, le débat reste ouvert !

6 réponses

  1. Julien dit :

    Je me souviens avoir adoré certains morceaux de cet album, mais c’était il y a plus de 10 ans (aïe aïe aïe). Du coup je le réécouterais avec plaisir aujourd’hui pour le juger dans ce nouveau siècle si une âme charitable (Anne ?) voulait bien me le faire passer…

  2. Anne dit :

    Non, je n’avais pas aimé Jacques Loussier, à l’époque je trouvais que ça n’apportait pas grand chose de nouveau, mais peut-être était-ce simplement parce que nos profs de piano étaient horrifiés d’entendre Bach joué ainsi…

  3. Catherine dit :

    Chère collègue, merci pour cet éclairant article, simple et bien énoncé !
    En ces temps de cloisonnement et de repli sur tout, c’est toujours bon de rappeler que la musique, tout comme la plupart des arts, n’aura de cesse de promouvoir les courants d’air et autres circulations bénéfiques, pour la tête et l’âââme bien sûr.

  4. Bruno Z dit :

    Oui mais tout de même, vous aviez aimé Jacques Loussier ?

  5. Supernova dit :

    La véritable richesse de la musique n’est-elle pas dans la fusion ? Les œuvres originales sont très bien et elles profitent d’une relecture via des cultures différentes…Doit-on s’en plaindre….je ne pense pas. Mozart reste sublime même si c’est repensé musicalement. Qui restera à la postérité ? Mozart, Bach et Vivaldi ou les autres ?

  6. Martine dit :

    Quel plaisir de te voir mettre en avant ces 3 disques, que je réécoute moi aussi de temps en temps avec autant de plaisir : pour moi, ce sont, plus que des disques de « fusion » de styles, la preuve d’une certaine universalité de la musique, le contraire de la supériorité de la musique savante sur la musique dite populaire, ou sur les musiques extra-européennes. Cependant j’ai été plus convaincue par « Lambarena » que par les suivants, en particulier « O’Stravaganza »… l’intérêt commercial vient peut-être interférer quelque peu dans la démarche artistique ?

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