La lune a perdu ses mystères ? qu’à cela ne tienne, rêvons de Mars !

pochette albumredolfi

Vous vous souvenez de « Indian love call », le yoddle hawaïsant qui fait exploser le cerveau des petits bonshommes verts dans « Mars attacks » (pas que celui des petits bonshommes verts d’ailleurs) ? Vous connaissez « Mars, the bringer of war », extrait des Planètes, de Gustav Holst ? Vous avez en tête les 5 petites notes que François Truffaut envoie vers l’espace pour communiquer avec les extra-terrestres dans « Rencontre du 3ème type » ?

Ici rien de tout ça, il n’est pas question de communiquer avec les extra-terrestres ni de les désintégrer : on sait bien désormais qu’il n’y a personne sur Mars … du moins pour l’instant !
Car il s’agit ici pour Michel Rédolfi, spécialiste des explorations et des environnements sonores en milieu inhabituels (subaquatiques par exemple) de préparer une play-list pour les futurs explorateurs, voire les futurs habitants de Mars.
Prévue pour être écoutée durant le voyage (évalué pour l’instant à 9 mois environ, tout de même, de quoi se lasser de Bach …) ou sur place au cours d’excursions par les monts et les vaux rougeoyants baignés d’une atmosphère vaporeuse, elle peut néanmoins être d’ores et déjà savourée les deux pieds dans la glèbe terrestre, en avant-goût.

boreale

Le projet MoM (Music on Mars) utilise des instruments terrestres anciens et récents comme l’harmonica de verre, le duduk, les guitares, les ondes Martenot ou le cristal Baschet, la voix bien sûr, lien le plus évident avec l’humain, et l’électronique « comme une enveloppe spatiale discrète nécessaire à l’évasion de l’écoute » selon les mots du compositeur. Mais il utilise aussi des sons de l’espace, des vrais, recueillis par des sondes ou captés depuis la terre.

didier malherbe

Michel Rédolfi s’est entouré pour ce projet de musiciens notoirement expérimentateurs : Terry Riley, un des pères de la musique minimaliste, Didier Malherbe (du Hadouk Trio), spécialiste entre autres instruments à vent du duduk, cette flûte arménienne au son très doux, Thomas Bloch et ses instruments rares aux sonorités cosmiques, Christoph Harbonnier du duo Lightwave, qui « habille » les grottes et autres liens inhabituels, Pierre Chaze et sa guitare « polyphonique », Nelly Lacoste, soprano caméléon .

Après un dernier compte à rebours et un dernier contact terrestre, la musique nous propulse vers des territoires inconnus, non sans quelquefois une pointe d’anxiété (en particulier à l’approche de Phoebos et Deimos, ces cailloux satellites qui vous passent au-dessus de la tête), bien vite oubliée devant le spectacle serein de l’ancien océan ou celui du coucher de soleil froid, admiré depuis votre rover d’exploration.

À ne pas oublier dans vos bagages : le très beau livret d’accompagnement avec les commentaires du guide-compositeur et de magnifiques photos de la planète Mars, comme si vous y étiez, ou presque… et rendez-vous là-bas dans 25 ans, peut-être ?

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