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La Machine Ronde  « Music makes the world go round »

Après Nietzsche pour qui la vie sans musique serait une erreur, voici une nouvelle formule pour les apprentis philosophes : la musique fait tourner le monde ! Je ne sais pas si ça suffirait vraiment, mais ce qui est sûr, c’est que ça aide, ce n’est pas une discothécaire convaincue comme moi qui prétendra le contraire ! Et en parlant de philosophie : saviez-vous que l’expression « machine ronde » est une expression employée par Boileau pour désigner la terre ? … moi non, je viens de l’apprendre : comme quoi la musique peut aussi aider à élargir ses références littéraires…

La Machine Ronde dont il est question ici est un ensemble de musiciens (de jazz, jeunes, bretons, talentueux) pratiquant comme de plus en plus de groupes un jeu -et une philosophie-  privilégiant le collectif, à l’image des précurseurs de l’ARFI*, association lyonnaise chère à nos cœurs de rhônalpins jazzophiles.

Le collectif, oui, mais qui tout en cultivant un son d’ensemble dans lequel aucun ego n’écrase l’autre, permet à chacun de s’exprimer : paradoxe de ces nouveaux big bands, où il est quelquefois difficile d’identifier un « leader », quel que soit le sens que l’on met derrière ce terme : les compositions sont souvent celles des différents membres, ou collectives, et les impros idem.

Ici les compositions sont majoritairement de Philippe Jordan – qui mouille la chemise ni plus ni moins qu’un autre, au saxophone ténor et à la flûte – dans un répertoire qui touille dans l’allégresse jazz, soul, slam et hip hop.

Dans le cercle des grands ensembles adeptes de l’improvisation, si l’ARFI est le patriarche, La Machine Ronde est le petit dernier, mais cette grande famille comporte de nombreux membres : pas moins de 37 formations issues de tout l’hexagone, sont regroupées dans l’association Grands Formats** : citons en vrac Ping Machine , Le Sacre du Tympan , Tous Dehors , Bigre ! , le Surnatural Orchestra, …etc, autant de musiciens qui revendiquent « le droit de faire de la musique ensemble et en nombre, d’en faire un art majeur, où la liberté de chacun s’exprime pleinement et collectivement. »

N’en déplaise aux fâcheux qui prétendent que les jeunes générations sont de plus en plus individualistes, cet esprit collectif se développe de façon significative en parallèle de  divers  projets personnels, les uns enrichissant les autres : certes, avec le développement des formations jazz dans les conservatoires et ailleurs, les talents sont de plus en plus nombreux, et l’on pourrait imaginer que la difficulté de plus en plus grande à sortir du troupeau rendrait l’esprit de concurrence  d’autant plus féroce : pourtant il semblerait que devant les difficultés à faire reconnaître une musique exigeante, la tendance serait plutôt à se serrer les coudes, et c’est tant mieux.

Cet esprit rappelle d’ailleurs la démarche des musiciens de jazz américains qui avaient créé en 1965 à Chicago l’AACM  (Association for the Advancement of Creative Musicians), dont les membres de l’emblématique Art Ensemble of Chicago  sont les plus réputés, ou encore celle de la Jazz Composer’s Orchestra Association (JCOA) de Carla Bley et Michael Mantler.

Où trouver ce document ?

* Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire

** Fédération des grands ensembles de jazz & de musique improvisée

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