En Suisse, il n’y a pas que le chocolat…

« Ultime cosmos » (mais pas ultime galette espérons-le), ce troisième album du trio helvète renouvelle le plaisir que j’avais eu à découvrir les précédents : le premier,  Tovorak a déjà été un de mes coups de cœur lors de sa sortie – m’évoquant, Suisse oblige, une tablette de chocolat au piment, mélange d’énergie, de candeur (apparente) et de surprises.

Le suivant, intitulé fort à propos Le retour, confirmait cette impression, et était à nouveau dans mon top 5 de l’année (2007 me semble-t-il).

Sur « Ultime cosmos », Lucien Dubuis (sax alto, clarinettes basse et contrebasse) officie toujours en trio avec Roman Nowka à la basse et Lionel Friedli à la batterie, augmenté cette fois d’un invité de marque : Marc Ribot, qui a traîné l’élégance de sa guitare dans des univers aussi divers que ceux de John Zorn, Marianne Faithfull, Laurie Anderson ou Alain Bashung, tout en pratiquant des incursions vers la musique brésilienne, et dont la présence sur cet album tempère le côté « art brut » du trio sans en gommer l’énergie.

Les compositions de Lucien Dubuis évoquent moins le monde de l’enfance que dans ces précédents albums, abandonnant les « Il était une fois », « Bouillie de carottes » , et autres « Gouttes au nez » (et oui, les enfants grandissent…); la pochette n’arbore plus les dessins du petit Mateo, nous entrons visiblement dans la tranche adolescente, science fiction et jeux vidéos… Mais toujours assises sur une pulsation binaire, les compositions du trio ont gardé cette saveur de confiseries aux accents rock ou aux allures de ballades nonchalantes, soumises à des poussées de fièvre exultatoires (je ne suis pas sûre que le mot existe, mais c’est bien l’effet que ça me fait !) : un mélange de pulsation rock, de riffs funky, d’improvisations jazz, avec ce fameux zeste de piment qui surprend et chatouille les oreilles!

Cerise sur le gâteau, le disque est doublé d’un DVD, dans lequel, outre des instantanés du processus de l’enregistrement de l’album et des captations de concert, on découvre en bonus :

– des images de la clarinette contrebasse, cet instrument étonnant aux sonorités d’ancêtre que Lucien Dubuis sait faire « groover » comme une jouvencelle.
– que les qualités d’isolant phonique des boîtes d’œufs ne seraient pas un mythe.
– que l’accent suisse n’est pas forcément celui qu’a immortalisé la pub pour Ovomaltine, et enfin que les regards malicieux échangés par les musiciens nous prouvent que non, la création ne se fait pas forcément dans la douleur…

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Une réponse

  1. Julien dit :

    Le jazz comme je l’aime, pas mou du genou mais plein de sève et ouvert sur l’exploration d’autres univers : rock, punk, free… le tout sans être indigeste.

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