…pour un bibliothécaire musical, quoi de plus normal que de reprendre à mon compte le titre de ce nouvel opus de la BD Blacksad. Le privé à tête de chat reprend du service et s’aventure dans l’atmosphère mythique de la Nouvelle-Orléans des années 50.

blacksad.jpgBlacksad est une série de Canales & Guarnido qui convoque pas mal d’archétypes tout en essayant de créer une histoire originale : vaste programme ! On y trouve donc le roman noir américain, la figure du privé, Philip Marlowe, Humphrey Bogart, l’imperméable beige, etc, etc. Fort bien me direz-vous, mais quel rapport avec la musique et que vient faire une bd sur Bmol ?

Et bien c’est qu’ici la même recette est appliquée à la New-Orleans qui devient la toile de fond de l’histoire. Et si je vous parle de new-orleans, vous me dites bien sur jazz new-orleans, dixieland, fanfare créole, toutes les images musicales que charrie spontanément cette ville.
blacksad2.jpgAu point que cette toile de fond prend au fil des pages presque plus d’importance que l’histoire elle-même. Car au fond, on se moque un peu de l’intrigue pour s’imprégner de l’atmosphère : le jazz omniprésent à chaque coin de rue (et des cases de la bd), le musicien génial et héroïnomane (qui a dit Charlie Parker ?), les clubs de jazz enfumés, le carnaval coloré, la sorcellerie vaudou, tout est là et pourtant, ça fonctionne. La réussite de la bd tient aussi beaucoup au dessin qui permet justement de faire exister cette atmosphère et d’y croire malgré cette accumulation de clichés. Un dessin vif, réaliste – si tant est qu’on puisse parler de réalisme au sujet de personnages à têtes d’ hippopotame, de bulldog, de coq – qui fourmille de détails et le soin quasi cinématographique accordé au découpage achève de me convaincre.

On entend la musique résonner partout dans les planches de « L’enfer, le silence » et c’est sans doute pourquoi ce nouvel album m’a tant plu. Et oui, on ne se refait pas…

Où trouver ce document ?

New Orleans jazz [Compilation] 3cd


Categories : A découvrir - tags : ,

Une réponse

  1. Fritemelle dit :

    Je viens de tourner la dernière page de « L’enfer, le silence », que j’ai lu avec délectation, en traquant les allusions : l’auteur fait un raccourci entre New York et la Nouvelle-Orléans, mais effectivement, le personnage de Sebastian Fletcher évoque fichtrement Charlie Parker, mort à 35 ans alors que le médecin légiste lui en donnait 60 ans, et à qui l’entrée d’un club portant son nom (ou plutôt son surnom, « Bird ») a été refusé à la fin de sa vie. Il me semble avoir aussi reconnu Charlie Mingus dans le personnage du contrebassiste, avec son petit gilet et son gros cigare ! En tout cas une BD qui sent bon le jazz, il ne lui manque que la bande-son. (Par contre, pas d’accord sur la couleur de l’imperméable du privé : pas beige, mastic!!!)

Laisser un message