LE LABEL HARMONIA MUNDI EST EN DEUIL

Bernard Coutaz créateur du label Harmonia Mundi est mort ce week end, et si quelqu’un mérite un « hommage » de nos professions c’est bien cette forte personnalité du monde de la musique enregistrée.

Dans les années 1970-1980 malgré un emploi du temps déjà chargé par la gestion d’une maison d’édition à la pointe des redécouvertes musicales : (King Arthur d’Henry Purcell sous la direction d’Alfred Deller, vendu à 220 000 exemplaires !, l’exhumation de l’oeuvre de Marc-Antoine Charpentier par Les Arts Florissants de William Christie), il n’hésitait pas à venir porter la bonne parole dans les sessions de formation musique organisées par notre ancienne collègue Sylviane Lange.
Et certains de ceux qui étaient alors des discothécaires ont pu apprécier sa truculence et sa franchise au service d’un engagement pour la diffusion de la musique de qualité.
La politique éditoriale d’Harmonia Mundi s’est poursuivie au fil du temps avec la même exigence de qualité tant au niveau musical que dans la présentation des documents. Sans aucune démagogie cet éditeur non seulement maintient mais augmente son chiffre d’affaires (eh oui c’est aussi une entreprise commerciale !!) dans cette période où la plupart des majors crient au secours.

Il aurait été bien intéressant d’avoir l’avis de ce monsieur de 86 ans sur nos grands serpents de mer actuels (disparition du CD, dématérialisation de la musique etc…) mais il a tiré son chapeau et le monde en est peut être un peu moins harmonieux.

Auteur : Marie H.

M H, la doyenne, pour la situer : dans les années 60 alors que le rock déferle sur l'hexagone, et pour emmerder ses parents qui trouve que c'est une pratique bourgeoise, elle exige des cours de piano !! Mais comme elle a déjà ?? ans c'est trop tard et c'est finalement Martha Argerich qui fera la carrière que l'on sait à sa place. Ses oreilles trainent aussi pas mal du côté des musiques dites populaires et c'est ainsi que vers le 1er juin 1967 elle rentre chez un disquaire de Quimper (Finistère) pour acheter avec son argent de poche "Sergent's Peppers Lonely hearts club band" en vynil, elle écoutera le Sergent Poivre en boucle pendant bon nombre de mois voir d'années et même encore maintenant elle regrette infiniment de ne pas avoir envoyer une carte de St Valentin à Sir Paul pour ses 64 ans. Elle conseille d'ailleurs aux jeunes qui ne comprendrait pas cette fine allusion d'écouter attentivement la plus belle chanson de tous les temps "When I'am sixty four". Ensuite au gré de rencontres diverses et variées elle tombe un jour dans le classique et , en conserve ou en live, elle en consomme tant qu'elle finit par se retrouver au Conservatoire. Et là, quel pied, concerts gratuits tous les soirs si elle veut et que du bon : du baroque, du symphonique, du jazz, de la chanson et même de l'électro il manque juste un peu d'opéra !!! Pour le logo elle propose les photos de Jonas Kauffmann pour les filles et Danielle De Niese pour les garçons, 2 "nouvelles stars" de l'opéra et vous lui en direz des nouvelles pour faire monter les stats.

Une réponse à “LE LABEL HARMONIA MUNDI EST EN DEUIL”

  1. Le monde du jazz (ni celui des musiques du monde d’ailleurs) n’aurait lui non plus la même physionomie sans l’ouverture d’ Harmonia Mundi à tous ces labels défricheurs, qui font le sel de notre profession…

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