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Bmol en tongs ! En juillet et août, Bmol sera en mode best of… Retrouvez tout l’été des articles parus depuis 2008, spécialement sélectionnés par notre équipe.

4 cordes, un archet, une âme : oui, la contrebasse est bien l’instrument le plus grave de la famille du violon, celle des cordes frottées, même si les siennes sont souvent pincées en pizzicati.
De là à la traiter de gros violon, alors là, attention ! Celle qu’on appelle facilement « la grand-mère » (il paraît même qu’en jazz l’expression « peloter la grand-mère » est courante) pourrait bien se rebiffer.
C’est vrai qu’elle a quelque chose d’une rebelle, elle qu’on imagine volontiers cantonnée à son rôle de soutien rythmique dans le fond de la scène : c’est ce qui arrive aux instruments trop longtemps privés de solo…
Quelques contrebassistes bien inspirés, issus des mondes du jazz et des musiques improvisées et marchant dans les pas du grand Charles Mingus, ont eu à cœur de mettre leur instrument au premier plan…

Honneur à une pionnière : Joëlle Léandre, grande dame de la contrebasse contemporaine, s’est lancée à corps perdu dans l’improvisation après avoir pendant des années assurée les graves au dernier rang des orchestres symphoniques : elle multiplie depuis lors les rencontres audacieuses, comme dernièrement avec Serge Teyssot-Gay, ex-guitariste de Noir Désir et raconte de façon passionnante son parcours dans un DVD : Joëlle Léandre : basse continue et dans un livre d’entretiens : A voix basse : entretiens avec Franck Médioni.

Et en bonus : Joëlle Léandre nous raconte une histoire de contrebassiste et de taxi.

Hélène Labarrière : tombée tête première dans le jazz dès son plus jeune âge et rapidement désireuse de s’affranchir de tous les carcans, elle navigue désormais entre composition, collectifs d’improvisateurs (avec Hasse Poulsen, François Corneloup et Christophe Marguet) et nouvelle musique bretonne -voire plus– en compagnie de Jacky Molard.

Pour mieux connaître Hélène Labarrière, vous pouvez lire une interview dans Les Allumés du jazz numéro 32 (4ème trimestre 2013), empruntable à l’Espace Musique & Cinéma de la Bibliothèque du Centre-Ville.

D’Esperanza Spalding, grande favorite des médias et déjà évoquée par Julien à propos de la basse électrique (qui ne serait rien d’autre qu’une guitare à 4 cordes ?), je ne vous dirai rien de plus, sinon qu’elle est courtisée par des grands comme Prince, Wayne Shorter et j’en passe.

Mais je m’aperçois que je n’ai parlé que de contrebassistEs (mon côté féministe indécrottable sans doute, mais il faut bien avouer que le côté « je suis une femme, je choisis l’instrument le plus gros et le plus grave, et en plus j’en joue en soliste » avait de quoi me tenter).
Je dois néanmoins reconnaître que les 2 contrebassistes qui me donnent actuellement les plus grands frissons sont des hommes :

Avishai CohenAvishai Cohen : La vedette de nombreuses scènes, des États-Unis au Japon, en passant bien-sûr par Israël, sa terre d’origine, où son rôle dans l’essor du jazz est primordial depuis quelques années (voir article dans Jazz News de décembre 2013), lui qui sait s’entourer de jeunes talents, comme on a pu s’en rendre compte au festival Jazz à Vienne l’été dernier
Sa musique, toujours mélodieuse, est un mélange de jazz, d’airs du folklore israélien, de mélodies juives espagnoles, sur lesquelles il n’hésite pas à donner de la voix, en ladino ou en hébreu. Dans son dernier album, Almah, il assume son amour de la musique classique, en célébrant les retrouvailles de la plus grave des cordes frottées avec sa famille d’origine dans des compositions fusionnant avec bonheur trio de jazz, quatuor à cordes et hautbois.

Démarche comparable pour Renaud Garcia-Fons, qui puise son inspiration dans ses origines catalanes et son goût pour les musiques orientales. Doté d’une inventivité mélodique et d’une technique époustouflantes, il a même rajouté une 5ème corde à sa contrebasse, histoire d’en avoir un peu plus sous les doigts ! Son dernier album Beyond the double bass brosse un panorama de l’ensemble de sa carrière, reprenant des pièces enregistrées dans ses 10 premiers opus, depuis Légendes et Alboréa jusqu’à Solo, the Marcevol concert. Cerise sur le gâteau, l’enregistrement est accompagné d’un reportage qui nous guide dans son univers musical.

Si comme moi vous en redemandez, le voici au Festival Jazz sous les Pommiers avec guitare flamenca, percus et accordéon…

Je pourrais encore vous parler de Charlie Haden, de l’Orchestre de Contrebasses, de Bruno Chevillon, de Ron Carter, d’Henri Texier et de quelques autres, mais je ne voudrais pas vous lasser : vous pouvez creuser la question par exemple ici ou , et même ici pour un petit supplément d’âme.

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Une réponse

  1. Jérôme dit :

    Pour info,
    La médiathèque de la Cité de la musique vient de numériser et mettre en ligne le répertoire de références de partitions « 10 ans avec la contrebasse »
    Pour mémoire, la collection « 10 ans avec » présente un choix de méthodes et partitions, ces références sont classées par niveau d’apprentissage et brièvement commentées. La Cité de la musique a déjà mis en ligne plusieurs de ces répertoires dont l’édition papier est épuisée. Cet accès en ligne est libre et gratuit et la version numérique propose de plus, pour de nombreuses références, un lien sur un extrait de partition.
    Retrouvez les répertoires en ligne : 10 ans avec l’alto, 10 ans avec la contrebasse, Opéras pour enfants, 10 ans avec l’orgue
    http://mediatheque.citedelamusique.fr/10ansavec/

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