breljaures

La chanson « Jaurès » de Brel ad aeternam. Pour toujours, parce qu’elle est magnifique et hélas, parce qu’elle est actuelle, la guerre et la misère étant ici, là-bas et encore. Ecoutons cette chanson si sobre, la voix retenue de Brel accompagnée seulement par l’accordéon de Marcel Azzola :

Vidéo avec des images de l’époque du début du 20ème siècle :

 

Brel pose la question Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? Question rhétorique, bien sûr, puisqu’il connaît la réponse. Il fait appel à notre intelligence et nos connaissances historiques pour y répondre.
Mais Jean Jaurès n’étant pas connu par tous, alors quelques repères. Il était un homme politique socialiste très populaire, député, fondateur du journal l’Humanité, défendant les droits ouvriers. Il fut assassiné le 31 juillet 1914, la veille de la déclaration de la mobilisation générale de la première guerre mondiale. Ce jour-là, opposé au déclenchement de la guerre, il préparait un texte pour la paix et pour l’union internationale des travailleurs.
Brel nous explique que les bons maîtres, les sabreurs, les bourgeois ont obligé les jeunes ouvriers, paysans à partir se faire massacrer, après avoir vécu une courte vie de dureté, de pauvreté. Place au texte de Brel avec ses images si justes :

jeune soldat« C’était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu’ils aillent ouvrir au champ d’horreur

Leurs vingt ans qui n’avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur »

Et il y a entre autres soldats, ceux qui ont été obligés de faire la guerre, même ceux qui combattaient pour une vie meilleure, ces jeunes qui ne voulaient pas « partir à la guerre pour servir de chair à canon après avoir été de la chair à patron », expression de Mouss, musicien du groupe Zebda :
« Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu’à la vieillesse »

Jacques Brel a mis la chanson en tête de son dernier disque « Brel, les Marquises », édité en 1977. Dans ce disque, des chansons émouvantes « voir un ami pleurer », « la ville s’endormait », et une chanson évoquant son dernier lieu de séjour qu’il chérissait, « les Marquises ».

Vidéo de Zebda qui introduit la chanson par le discours de Jaurès à la jeunesse en 1903 :

Oui belle jeunesse

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