KRONOS QUARTET, « UNIKO »

Un accordéon comme une boule d’énergie lancée à la vitesse de la lumière, porté par une vague de cordes, le tout démultiplié par l’intervention de l’électronique.

Aux touches de l’accordéon, Kimmo Pohjonen, sorte d’extra-terrestre (néanmoins finlandais) aux allures légèrement punkoïdes : son parcours de musicien amoureux du folklore – et pas seulement celui de ses rivages septentrionaux, puisqu’il s’est intéressé aussi bien à l’harmonium du Rajahstan, au tango argentin qu’au mbira tanzanien – aurait aussi bien pu le confire dans la défense du patrimoine. Or c’est tout le contraire, et avec lui l’accordéon n’a jamais aussi bien porté son qualificatif d’instrument à anches « libres » : il prend en effet toutes les libertés pour faire de cet instrument à l’image vieillotte une source de sons fulgurants et tourbillonnants, d’une force incroyable.

Aux cordes, c’est bien sûr le KRONOS QUARTET, quatuor de formation classique qui s’est spécialisé dans le répertoire contemporain, toujours prêt à l’aventure et à l’expérimentation, capable d’interpréter Chostakovitch, Terry Riley, Astor Piazzolla, George Crumb (écoutez dans l’album « Black angels » le cri déchirant intitulé « Doom. a sigh » d’Istvan Marta) , de s’inspirer de pièces traditionnelles comme dans l’album « Pieces of Africa », ou encore de se frotter à la musique électroacoustique comme dernièrement sur « WTC 9/11 » que Steve Reich a composé en 2010 en mémoire du 11 septembre : et tout cela avec la même conviction et la même virtuosité.

Aux petits boutons et grands effets électroniques, c’est Samuli Kosminen (finlandais lui aussi, percussionniste de formation), qui en traitant les samples d’accordéon et de cordes donne une épaisseur et une ampleur supplémentaires à cette musique déjà pleine de profondeur.

Bref, un album qui procure la sensation d’être au cœur d’un tourbillon sonore, dans une atmosphère étrange, comme porté entre ciel et mer sur l’écume des vagues, et où l’on perçoit quelquefois les échos de langages oubliés.

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Author: Martine

Si j'avais le choix de la couleur, j'aimerais assez être bleue, comme la note du même nom; si j'étais une note, j'aimerais être n'importe quelle petite croche de l'adagio du concerto pour clarinette de Mozart (et je promets de rester bien à ma place), ou encore un silence entre 2 notes de Thelonious Monk; si je devais changer de métier, je me vois bien pâtre sur un rocher chez Schubert ou ornithologiste chez Charlie Parker… Mais bon, j'avoue, dans la vraie vie je m'appelle Martine, et je suis amatrice, outre de musiques en tous genres - mais plus particulièrement celles qui passent à des heures impossibles à la radio - de moelleux au chocolat (avec un fond de sauternes), car c'est bien connu, ventre affamé n'a point d'oreille, et dans notre métier, les oreilles, c'est essentiel !

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