JOEL HARRISON

Un disque à ne pas glisser dans l’autoradio sur l’autoroute comme semblerait vous le suggérer le titre « Highway », vous manqueriez l’essentiel : la finesse et la subtilité.

Ne surnageraient que les instants de cuivres claironnant, les (rares) instants d’impro collective faisant glisser le curseur vers le rouge (sur Highway  justement), et la rythmique rock de Dockery farms.

Perdues dans les cliquetis du véhicule, les petites cellules répétitives des vibraphones et marimbas, perdues dans le bruissement du vent sur la carrosserie les harmonies des cuivres, gâchées les interventions de la clarinette basse dont les vibrations se confondraient avec celles du moteur, et gâchées aussi les apparitions toutes en légèreté des flûtes et celles de la guitare électrique (sur Blue lake morning en particulier).

Musique très écrite, dans des compositions et des arrangements haut de gamme faisant appel au blues, au jazz, aux apports des musiques minimalistes, mais laissant la part belle à l’improvisation (beaux solos de Donny McCaslin et Ned Rothenberg, entre autres), « 19 infinite possibility » est, dans une formule plus étoffée (19 musiciens, d’où le titre) et très cuivrée, à la hauteur de « The music of Paul Motian », l’album précédant de Joël Harrison consacré à la musique du batteur disparu et interprété exclusivement par des cordes (violons, altos, violoncelle et 2 guitares électriques).

Pour apprécier le foisonnement, la sophistication, les mariages de timbres subtils déployés dans « 19 infinite possibility », laissez tomber l’autoradio, évitez de faire tourner le four à micro-ondes, choisissez plutôt de vous poser dans un bon fauteuil, face aux montagnes par exemple, et même, ne lésinez pas, collez vous le casque sur les oreilles, c’est une musique qui mérite bien qu’on arrête le temps un moment!

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Author: Martine

Si j'avais le choix de la couleur, j'aimerais assez être bleue, comme la note du même nom; si j'étais une note, j'aimerais être n'importe quelle petite croche de l'adagio du concerto pour clarinette de Mozart (et je promets de rester bien à ma place), ou encore un silence entre 2 notes de Thelonious Monk; si je devais changer de métier, je me vois bien pâtre sur un rocher chez Schubert ou ornithologiste chez Charlie Parker… Mais bon, j'avoue, dans la vraie vie je m'appelle Martine, et je suis amatrice, outre de musiques en tous genres - mais plus particulièrement celles qui passent à des heures impossibles à la radio - de moelleux au chocolat (avec un fond de sauternes), car c'est bien connu, ventre affamé n'a point d'oreille, et dans notre métier, les oreilles, c'est essentiel !

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