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Je dois confesser que  j’étais un peu passé à coté de cette artiste. Il faut dire qu’au moment de sa sortie, je bloquais déjà sur deux excellents disques de pop-electro un peu dark concoctées par des dames : Abyss de Chelsea Wolfe et Upper Hell d’Ela Orleans, deux albums que je me suis passé en boucle pendant des mois. Bref pas vraiment un manque d’intérêt mais plutôt un problème de timing et d’encombrement des sorties, un peu comme lorsque vous avez trois bons concerts potentiels le même soir et que le reste de la semaine est désespérément calme.
Et puis, de couverture de magazines (Jazz News, Libération, etc.), de discussion entre collègues en reprise emballante de David Bowie (« Five Years » dans mon top 5 des chansons de Bowie),

Jeanne Added a fini par réapparaitre sur mes radars et à se faire petit à petit une place. Finalement nulle trace de jazz ici malgré sa formation initiale mais bien plutôt de l’électro-pop d’excellente facture, avec ce qu’il faut de mélodies (« Look at them », « Miss it all », « Be sensational » entre autres), de trouvailles sonores et de production léchée à quoi il faut rajouter une voix qui fait des merveilles. La dame enchainant les concerts depuis la sortie de l’album en juin dernier, nul doute que le concert du 16 avril prochain à la Belle Électrique soit palpitant. BMOL soutient ! (Julien)

Eh bien contrairement à mon collègue ébloui par d’autres voix féminines, la sortie de « Be sensational »  m’a immédiatement conquise, convaincue depuis longtemps que j’étais par les qualités de chanteuse et de musicienne de la dame, qui navigue depuis lurette dans les eaux du jazz et des musique improvisées : je garde d’ailleurs en  souvenir un concert de Jeanne Added en compagnie du contrebassiste Yves Rousseau (pendant le dernier Grenoble Jazz Festival, en 2010), autre musicien qui aime transcender les genres, et plus récemment encore sa participation au magnifique OVNI poético-musical de John Greaves, « Verlaine gisant ».

Alors qu’une chanteuse, de formation classique (elle a étudié d’abord le violoncelle), passée par l’école – quelque peu ingrate il faut bien le dire – du jazz vocal, qui s’est longtemps consacrée à l’art périlleux de la musique improvisée, et qui sans peur ni reproche remet tout en cause pour explorer un nouveau terrain de jeu, et qui nous offre au premier essai une musique de cette qualité, alors là, je dis « respect », et « bravo », et des 2 mains en plus ! (Martine)

# Label Bmol 5

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