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Europa Berlin – ONJ

DETOURS DE BABEL – Hexagone de Meylan

Mardi 17 mars 2015

Je ne vous le cache pas, quand on est, comme moi, l’heureux père de deux charmantes têtes blondes, il y a quelque chose de l’ordre du choc des civilisations de passer de l’écoute en boucle de « Libéréééééée, délivrééééééée !!! » à cet « Europa Berlin » par l’Orchestre national de jazz.

« Ah, c’est sûr, ça décrasse les oreilles ! », comme l’a justement dit ma collègue Martine qui m’accompagnait ce soir-là (et qui s’y connaît !).

Mais d’abord un petit teaser !

Orchestre National de Jazz (ONJ de son petit nom), kézako ?

C’est sous l’impulsion de Jack Lang et de Maurice Fleuret (Directeur de la musique et de la danse) qu’est créé, en 1985, un orchestre national de jazz, subventionné par l’Etat et destiné à faire vivre et renouveler le répertoire des grands orchestres de jazz. Placée sous la direction d’un chef d’orchestre (généralement nommé pour deux à trois ans), cette formation dispose ainsi de moyens lui permettant de réaliser, diffuser et présenter ses créations à travers le monde (tous les CD de l’ONJ disponibles dans les bibliothèques de Grenoble).

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L’Orchestre National de Jazz

Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas là dans l’entretien de la glorieuse mémoire du jazz mais dans la recherche musicale et le défrichage de nouveaux horizons.

« Intello’ » diront certains, « exigence » diront d’autres, en ce qui me concerne, dans ce débat sans fin, je plaide toujours pour la curiosité : et si on allait y voir simplement ?

Orchestre donc, il y a. Sur la scène de l’Hexagone, et sous la direction artistique d’Olivier Benoit, compositeur et guitariste, 11 musiciens, jeunes et moins jeunes, se déploient en V, donnant au public une vue imprenable sur le talent et la partition de chacun.

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Olivier Benoit & l’ONJ

Les compositions d’Olivier Benoit, sous influence rock et musique répétitive (dans le genre, je ne me lasse pas de la beauté hypnotique de ce morceau…) prennent le temps de s’installer et d’occuper l’espace sonore. Equilibrées, jouant le collectif autant que l’individuel, elles s’articulent autour d’une rythmique soutenue et échevelée tenue de main de maître par l’impressionnant batteur Eric Echampard (mais comment fait-il ça ??!!).

Si l’on n’échappe pas à un soupçon d’intellectualisme dans le choix des titres des morceaux  (« Persistance de l’oubli », « Effacement des traces », c’est beau comme un roman français de la rentrée littéraire…), tout est heureusement submergé par la puissance de la musique qui, comme toujours, se passe de commentaires. Alors, je me tais…

PS : et merci au festival des Détours de Babel pour cette belle découverte !

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Europa Berlin / Orchestre National de Jazz, sous la direction d’Olivier Benoit

Disponible dans les bibliothèques de Grenoble !

Une réponse

  1. Martine dit :

    En effet, super soirée, et qui relance l’enthousiasme!
    Vu aussi pendant ce festival 2 autres concerts marquants : Octuorissimo, avec le Quatuor Debussy et le jeune Quatuor Arranoa, qui m’ont permis de découvrir le compositeur Marc Mellits, entre rock et musique répétitive ; et bien sûr Yom et sa clarinette magique !

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