Résumons : parti taquiner le poisson sur les bords de la Seine à Samois tout en tâtant du pinceau pendant quelques années, le génial manouche semble s’être rangé des guitares. Un témoin de l’époque parle même des cordes « toutes rouillées » de ses instruments. Oublié, loin des feux de la rampe et se contentant d’une vie de « sous-chef de gare à la retraite » selon les bons mots d’Yves Salgues ?

Allons, Allons, on n’enterre pas Django Reinhardt aussi facilement…Il faut dire que l’homme – qui avait de l’orgueil – avait mal vécu l’échec de sa tournée états-uniennes et le relatif désintérêt qui avait suivi son retour en France. Piqué au vif, il s’était mis de lui-même en retrait et avait décrété qu’il n’y avait pas que la guitare dans la vie…
Ce qui va le sortir de sa retraite dorée, c’est l’explosion be-bop qui secoue le monde du jazz outre-atlantique avec l’émergence de figures comme Charlie Parker & Dizzy Gillepsie.
L’intérêt de ce volume est justement de couvrir la période « be-bop » de Django et en particulier les enregistrements mythiques des sessions Clef / Blue Star (mars 1953), soit le disque de chevet de tout guitariste digne de ce nom des années 50 & 60, y compris d’un certain Sacha Distel, alors un des meilleurs guitaristes de jazz français (après Django bien entendu…). Entouré par Maurice Vander (piano), Pierre Michelot (basse) et Jean-Louis Viale (batterie), le quartet enregistre 8 pièces dont 3 signés de Django (les titres 9 à 16 sur le premier cd). Ce qu’on appelle un « classique »…

Grâce soit rendue aux éditions Frémeaux & Associés, responsables de cette faramineuse Intégrale en 20 volumes. Comme d’habitude, un copieux livret accompagne les deux disques avec des photos rares et un texte érudit de Daniel Nevers.

Où trouver ce document ?

PS : un article précieux sur le jazz manouche, Django Reinhardt et l’héritage qu’il a laissé sur le site de l’ACIM

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