GOATSNAKE, « Black age blues »

goatsnake

Goatsnake fait du doom1, lent, massif, plombant comme le veut l’orthodoxie du genre, tout en instillant quelques touches de blues ici et là : une intro à la guitare acoustique de Dave Pajo (Slint) sur le titre d’ouverture, de l’harmonica discret (« Elevated Man »), des chœurs gospel (« House of the moon », « Jimi’s Gone », « Grandpa Jones »). Le chanteur Pete Stahl explique la démarche du groupe : « [j’ai eu envie] de jouer du Black Sabbath sous antidépresseurs… du rock le plus heavy et lent qui soit, aux racines blues » (NewNoise#27). Le titre de l’album à lui tout seul résume parfaitement l’entreprise, ici totalement réussie.

Même si le mixage général donne toujours la part belle aux guitares et aux riffs monstrueux produits à la chaine par le guitariste Greg Anderson (également actif dans Sunn O)))), ces petites touches savamment distillées restent bien perceptibles à l’écoute et apportent une couleur réellement originale au projet. La voix puissante et magnifique de Pete Stahl rend l’expérience vraiment bluffante, en variant les intonations et les tessitures (notamment sur le final envoutant « A killing blues ») et évitant ainsi la monotonie des riffs mastodontes qui s’enchaineraient dans une ambiance étouffante. Ici un peu de lumière filtre malgré tout à travers les persiennes.

Pour finir malgré le côté « heavy » indéniable de l’ensemble, Goatsnake sort sans doute son album le plus facile d’accès, avec bon nombre de refrains accrocheurs (« Another river to cross », « Coffee & whisky », « Jimi’s gone ») qu’on se surprend rapidement à fredonner en boucle. Un album qui mérite haut la main le label « Musique sombre et non-festive garantie » !

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  1. pour rappel le doom est un sous-genre du heavy metal caractérisé par une musique lente et lourde et un son sale []
  2. pour rappel le doom est un sous-genre du heavy metal caractérisé par une musique lente et lourde et un son sale []

Author: Julien

Né quelques jours après la mort de Jimi Hendrix (on fait se qu'on peut). S'est flatté pendant longtemps de détester le jazz mais attribue désormais cela à une erreur de jeunesse. Déteste vraiment la nouvelle-nouvelle-nouvelle chanson française. Se gausse pourtant d'avoir vu Bashung un soir de 1995 et d'y avoir pris du plaisir. A tenté (vainement) d'être musicien et traine depuis son mal-être dans des débats musicaux stériles. Persiste a porter des pulls à capuche et des Converse (le plus souvent déchirées) à bientôt 40 ans…

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