UNE ODYSSÉE MUSICALE : LE GLAM-ROCK

Cette formule simple (glamour + rock) vous donne comme potion musicale magique : le glam-rock, un savant mélange qui prend forme en Angleterre au début des années 70.

Après la période contestataire de la fin des sixties et de son rock psychédélique et du folk, la jeunesse à besoin de faire la fête en écoutant de la musique joyeuse et sensuelle et en même tant provocante pour faire peur à la société conservatrice de leurs ainés.

C’est ce que va offrir le phénomène glam-rock avec des artistes souvent anglais qui prennent conscience de la maîtrise de leur apparence visuelle grâce au rôle de plus en plus important de la télévision à travers des personnages exubérants dans le cadre d’une mise en scène théâtralisée mélangeant le rock et le glamour.

C’est un certain Marc Bolan, chanteur du groupe T. Rex qui est le fondateur du glam-rock qu’on qualifiera également de glitter rock, car il faudra maintenant savoir briller sur scène.

Mais il est très vite dépassé par l’un de ses compatriotes londoniens, plus ambitieux et narcissique, monsieur David Bowie qui s’invente un double artistique, l’extraterrestre provocant Ziggy Stardust.

Bowie et les premiers glam rockeurs cassent ainsi les codes classiques très masculins du rock traditionnel, en créant des personnages artificiels. Les rockeurs puristes de l’époque crient alors au scandale.

C’est la révolution du glam qui ouvre les portes de la culture queer sur la scène musicale qui devient alors costumée et calculée pour chercher la performance musicale et visuelle.

Dans cette révolution esthétique l’extravagance et l’excentricité sont donc de mise, aussi bien au niveau du look, que des paroles et de la mise en scène musicale en se référant au théâtre burlesque et au dandysme victorien. Il faut savoir se mettre en spectacle pour éblouir son public, les artistes glam ne veulent plus subir la mode mais la faire.

Alors pour être éblouissant au maximum, on n’hésite pas dans ce transvestisme scénique sur un  maquillage outrancier, les cheveux sont longs et ébouriffés, les costumes lamés à paillettes étincelantes et strass à profusion, pantalons patte d’eph en satin ou combinaisons moulantes de couleurs vives, double talons compensés pour les bottines pour avoir la panoplie complète du chanteur glam.

Ainsi les glam-rockeurs proposent un savant mélange de sophistication et de vulgarité pour se démarquer et être à contre sens des conventions et des valeurs masculines du mouvement hippie basées sur l’authenticité, la virtuosité et la spontanéité.

La musique glam se doit être énergique, on reprend souvent des standards des  années 50, les paroles répétitives des tubes électrisants sont courtes et sexy parfois scandaleuses. Par ces mélodies excitantes on revient à un rock’n’roll plus simple des origines.

Dans cette glamticipation, les codes du glam jouent à fond sur le trouble androgyne. En effet on ne  sait plus qui est fille et garçon, les artistes s’amusent de l’ambigüité sexuelle, c’est le mélange des genres afin de répondre à la crise identitaire des jeunes.

Dans la glamographie, parmi les icônes du glam-rock de cette époque seventies on retrouve aussi : le showman  gothique Alice Cooper, l’élégant Bryan Ferry du groupe expérimental Roxy Music qui propose un glam esthétisant avec son compère Brian Eno en jouant sur plusieurs styles musicaux, le brillantissime délirant Gary Glitter, les américains comme le sombre Lou Reed et l’ovni Iggy Pop, les groupes flamboyants : Slade, New York Dolls, Sparks, Mott the Hoople, même Queen et Elton John naviguent à la lisière du glam.

Dans un univers musical toujours très masculin, une seul glam-rockeuse sort du lot, la reine subversive Suzi Quatro qui influencera les Runaways.

Le glam-rock à aussi droit à son film, la comédie musicale «The Rocky Horror Picture Show».

Devenu un phénomène populaire mondiale, le glam est vite récupéré par l’industrie musicale qui produit des groupes le plus souvent éphémères pour des teenagers qui veulent danser et s’amuser (c’est le principe commercial de la musique bubble-gum) avant que la dépression revienne avec la crise.

Le glam-rock perd de son scintillement, il s’essouffle avec l’arrivée du mouvement contestataire punk qui a les mêmes racines mais s’exprime différemment et d’une manière beaucoup plus pessimiste.

Pourtant les paillettes du glam-rock continueront à briller à travers le glam-métal (ou hair metal) dont les groupes américains exubérants survoltés sont légion (Kiss, Quiet Riot, Wasp, Twisted Sister, Bon Jovi, Motley Crüe, Van Halen…). Ainsi que dans divers groupes de la new wave des années 80 (Blondie, Culture Club, Human league, Ultravox…) ou l’apparence devient un atout primordial du marketing.

Depuis le glam-rock continue à influencer surtout au niveau du look, des artistes de différents courants musicaux avec les groupes tels que Suede, Goldfrapp, The Darkness, Marilyn Manson… et même Lady Gaga.

Author: Stéphane

Encyclopédiste des années 80 et collectionneur de 45 tours, il ne s'est toujours pas remis de la séparation du groupe ABBA. A toujours rêvé d'être un rockeur à la Rod Stewart mais aurait aimé aussi savoir jouer de la harpe celtique. Véritable archéologue du fonds commun Musique, il souhaite faire revivre des artistes inavouables à travers des articles et des vidéos sur Bmol, en assumant sans complexe son côté rétro et nostalgique de la génération Casimir! A osé un jour passer "Dancing Queen" à l'espace Musique et Cinéma de la bibliothèque Kateb Yacine !

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