Pas facile de sélectionner 10 disques et DVD parmi une telle production – 100 œuvres, dont certaines comportent des effectifs et des durées peu ordinaires. Voici toutefois une modeste proposition pour entrer dans l’univers musical de ce compositeur singulier.

Quatuor pour la fin des temps (Adda, 1989)

Comme première approche, sans hésitation – elle a été la mienne -, une œuvre poignante, un solo de clarinette qui chante à la fois « l’abîme » (la guerre ?) et l’espoir (était-ce celui de Messiaen qui l’a composée et jouée alors qu’il était prisonnier de guerre en Silésie en 1940), et une formidable montée finale vers la lumière du violon (gage de la foi en l’homme du compositeur ?)

Trois petites liturgies ; Cinq rechants (Supraphon, 1991)

Parce que cette œuvre joyeuse – elle a immédiatement été appréciée par le public – permet d’entrer facilement dans l’univers de Messiaen (tant pis pour les critiques professionnels qui l’ont boudée quasi unanimement à sa création)
Même si on n’imagine pas les couleurs vives qu’il « voyait » et traduisait en sons, on est emporté par les voix cristallines et les rythmes hindous irrésistibles.

Des canyons aux étoiles [1971-1974] (CBS, 1988)

Je conseille cette symphonie à celles et à ceux qui partagent avec Messiaen l’amour de la montagne et des grands espaces. Créée pour les célébrations du bicentenaire des Etats-Unis et composée à la suite d’un séjour dans l’Utah, les Américains l’ont tellement appréciée qu’ils ont baptisé un de leurs sommets « Mount Messiaen ». Parmi les instruments, une machine à vent, une à sable, des cuivres chaleureux et un xylorimba produisent un univers étrange. De plus, le solo de cor a emporté (provisoirement) Marie-Hélène dans les étoiles, c’est tout dire…

Turangalila Symphonie (Deutsche Grammophon, 1991)

Il parait que cela veut dire « jeu » en sanscrit. Pour moi, c’est un kaléidoscope traduit en sons inouïs et en rythmes. Un vrai hymne à la joie !

Catalogue d’oiseaux (Accord, 2000)

Particulièrement recommandé aux ornithologues amateurs et à ceux qui n’ont pas le courage de marcher des heures dans la montagne pour entendre chanter le chocard des Alpes. Trêve de plaisanterie, Messiaen a ici transposé en musique les chants d’oiseaux qu’il a commencé à collecter depuis l’âge de 15 ans. Comme il n’était pas un ingrat, c’est à « ses modèles ailés » (et aussi à sa femme la pianiste Yvonne Loriod) qu’il a dédié l’œuvre.

La Nativité du Seigneur (Calliope / Harmonia Mundi, 1986)

Pourquoi précisément cette œuvre pour orgue ? Parce qu’il faut bien être un peu chauvin : elle a été écrite et créée à Grenoble par Messiaen alors âgé de 27 ans. En outre, elle est grandiose ! De ses propres dires, elle a été inspirée par les montagnes toutes proches. Et tenez-vous bien, en plus de toutes ses activités, ce musicien catholique « né croyant » tenait la tribune d’orgue de l’église de La Trinité à Paris tous les dimanches matin ! Des mauvaises langues prétendent que le curé de la paroisse avait demandé à Messiaen de réserver ses improvisations à la dernière messe et de jouer un répertoire plus classique aux deux premières…avant d’être célèbre, bien entendu…

Quatre études de rythme dans Le monde de Messiaen (Musidisc, 2001)

Plutôt pour les inconditionnels car un peu austère. C’est pourtant, aux dires des savants musicologues, les trois minutes de piano de la deuxième étude qui ont bouleversé l’histoire de la musique et ouvert à Boulez, Stockhausen (et bien d’autres) la porte de la musique sérielle…

Hommage à Olivier Messiaen (Montaigne, 1988)

Parce que ce concert a été l’un des temps forts de l’hommage rendu au maître pour son 80e anniversaire, par le monde musical, bien sûr, par son épouse la pianiste Yvonne Loriot et par l’un de ses élèves les plus célèbres, Pierre Boulez.

Saint François d’Assise : scènes franciscaines (Deutsche Grammophon, 1999)

Il fallait bien qu’Olivier Messiaen et Saint François d’Assise se rencontrent au-delà des siècles et des pays. Ils avaient tant à partager ! Voici l’œuvre que j’aimerais tant voir représenter pour ce centenaire : un orchestre de 120 musiciens, un chœur de 150 chanteurs, sans compter les solistes, la synthèse, dit-on, de ses thèmes favoris et de son langage musical. Elle dure 4 heures et demie. Folle entreprise ? Heureusement, il y a un disque !

La liturgie du cristal [DVD] (Idéale audience, 2007)

Plein d’interviews pour le voir et l’entendre en personne, écouter des extraits de ses œuvres, et même assister à un de ses cours au Conservatoire de Paris.

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