On prend le même et on recommence. Mais on recommence autrement. Toujours un peu pareil et pourtant pas vraiment. Paradoxalement toujours différent. Et ça dure depuis bientôt cinquante ans. Faire du neuf avec du vieux, voilà peut-être la marque des grands artistes. 

En tout cas pour ceux qui parviennent à durer. Car ils sont nombreux les sexa. et les septuagénaires à vouloir s’extirper de l’oubli.

Ils sont nombreux les albums de trop de ces artistes mal vieillis.

Mais pas Dick. Et pourtant, rien que le titre de l’album associé à son prénom aurait pu nous faire craindre le pire. Car on se souvient d’un autre Dick qui en d’autres temps faisait twister la France en chaussettes noires sur les plages de Saint Tropez avec le sourire d’une jeunesse « yéyéyisée ». Mais le twist d’Annegarn n’a rien de rétro ni de gominé.

Grand prestidigitateur des mots et des sons qu’il entrechoque à sa guise, Dick Annegarn a le sens de la formule qui claque « j’ai peur des foules, j’ai peur du vide, j’ai peur des foules vides… » Comme à son habitude,  il peaufine la forme aussi bien que le fond.

Musicalement, il puise toujours aux mêmes racines : le folk, le blues, le jazz et même le twist et le gospel.

Mais Dick Annegarn  ne  fait pas du blues ou du folk ; il assimile, digère et régurgite quelque chose de différent et de relevé.

Au fond, le talent de Dick Annegarn est d’avoir réussi à « annegarniser » tous les genres musicaux avec son encre et ses crocs. Chapeau.

 

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