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Des cordes à en pleurer !

16 janvier à l’auditorium du Musée de peinture : le Trio Wanderer jouait le fameux trio opus 100 de Franz Schubert (en mi bémol majeur, D. 929 de son numéro de catalogue, pour vous donner tous les détails), chef-d’œuvre du romantisme : en cette soirée de « Folle nuit Schubert », nous avons quasiment touché du doigt la perfection !

Composée à la fin de la courte vie de Schubert et destinée à être jouée en petit comité, les fameuses schubertiades, cette œuvre n’a pas forcément été appréciée dès sa création : certains la trouvaient trop longue, paraît-il ! Pourtant quelle expressivité dans ces échanges entre piano, violon et violoncelle ! (une de mes collègues l’aurait sans doute fait entrer dans son « Top de la chialance suprême », tant les accents du mouvement lent emplissent le cœur d’une douce mélancolie).

 

 

Mais le succès l’a largement rattrapée depuis : c’est sans doute une des œuvres – du moins l’andante – les plus utilisées dans le cinéma (La pianiste, de Michael Hanecke, La tête haute d’Emmanuelle Bercot, le film le plus connu étant sans conteste Barry Lyndon de Stanley Kubrick, la publicité (un parfum au nom de gazole), et même le rock (Fauve) ou le rap (Busta Flex).
http://www.slate.fr/culture/78836/fauve-nique-schubert-le-blizzard
Les puristes pourront dire que dans quelques un de ces cas ce trio est une véritable « victime » de son succès ! Mais ma fois, si ces avatars donnent envie de re-découvrir l’original …

Environ un siècle plus tard et sur un autre continent, Samuel Barber compose un quatuor à cordes qui lui aussi est un chef-d’œuvre, et dont l’adagio (molto adagio, et même molto molto adagio !) est un vrai tire-larmes : âmes sensibles, préparez vos mouchoirs …

Tout est « molto » dans ce quatuor : Molto allegro e appassionato, molto adagio, puis à nouveau molto allegro (come prima) : je ne vous traduis pas, vous aurez compris que tout ici est « très » (mais non point « too much ») : très dramatique, très romantique, très énergique !

Cette fois c’est le Quatuor Debussy qui dans le cadre du festival des Détours de Babel nous offre l’occasion d’entendre en live ce sommet du néo-romantisme (programme à voir ici !)

Le Quatuor Debussy ce même soir nous fera faire un saut de près d’un siècle en interprétant un quatuor à cordes de Marc Mellits, compositeur américain adepte de la musique répétitive dont on a entendu une œuvre l’année dernière, toujours dans le cadre des Détours de Babel : certes moins suave que Schubert ou Barber, mais quelle fougue ! « Strong, agressive, heavy and accented » était le premier mouvement : car laisser pleurer son cœur, c’est bien, mais il est toujours salutaire de se donner un bon coup de fouet, histoire de se remettre les idées en place !

Bon nombre de ces disques sont disponibles dans les Bibliothèques de Grenoble, mais si l’enregistrement c’est bien, le concert, c’est toujours mieux : rien de tel pour vivre l’émotion en direct, pour frémir au pizzicato le plus infime, pour vibrer à l’unisson du forte le plus olympique* !

Alors tous en bibliothèque pour découvrir, tous au concert pour le vivre !

*Olympique : adjectif de la langue française, ça, tout le monde le sait, mais aussi sujet d’une querelle juridique au terme de laquelle le Comité national olympique et sportif français s’approprie le mot en tant que marque déposée, aux dépens du Concert de la Loge Olympique, ensemble instrumental dirigé par Julien Chauvin : il vaudrait mieux que le ridicule ne tue pas !

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Une réponse

  1. Anne # dit :

    Je confirme j’y étais, même si je ne pleure jamais avec mes yeux 🙂
    La folle soirée Schubert, en écho aux Folles Journées de Nantes, ça c’est une idée qu’elle est bonne, et qui marche à fond, merci Musée en musique ! L’an prochain, Beethoven sera à l’honneur. Du bon frisson à venir…

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