Bmol sur la plage! En juillet et août, Bmol sera en mode « best of »… Retrouvez donc tout l’été des articles parus depuis 2008, spécialement séléctionnés par notre équipe. Ceux que l’on a aimés passionnément, qui ont déclenché la curiosité, les passions, les commentaires voire les sourires, et qui vous avaient peut être échappé…

(Publié initialement le 8 avril 2008)

« Quand vient la fin de l’été / sur la plage »… c’est l’heure du bilan musical, on n’y coupe pas. Et si vous avez raté le phénomène danse de l’été, ne vous inquiétez pas, les chroniqueurs tendance de Bmol sont là pour vous remettre à niveau.

Chaque année, à l’occasion de la trêve estivale, c’est la même rengaine. Un feuilleton de l’été navrant (en général un sordide fait divers, cette année un sordide fait divers au FMI), la météo des plages, le Tour de France, la France rurale où il fait bon vivre chez Jean-Pierre Pernaut. Bref une certaine idée de l’immuabilité des choses. Et pour renforcer ce sentiment de cycle infernal (oui je sais, la fin de l’été me met de méchante humeur), le must : la sortie de la danse de l’été.

piscine.bmpEn effet, pas un été sans sa BO et pas un rayon de soleil sans le morceau qui te colle à la peau, que tu le veuilles ou non. La danse de l’été c’est quoi ? Un rythme entrainant, une chorégraphie simpliste, un goût certain pour la performance collective et un cœur de cible qui tape très large, du marmot à la mamie. La particularité du genre ? Un clip ensoleillé, un matraquage télévisuel horripilant, parfois un partenariat avec une célèbre boisson gazeuse (non pas celle là, l’autre…) et surtout une influence musicale unique, « latino », et des succédanés plus ou moins fidèles et réussis. Cet événement, majeur pour les GO de campings, les programmateurs de NRJ et autres foires à la chèvre, est né en 1989 avec la Lambada. Succès planétaire immédiat. Suivront des Soca Danse, Macarena, Tago Mago, j’en passe et des pires car là n’est pas mon sujet.

Car voilà qu’en 2010, tout a changé… Avec la Coupe du Monde en Afrique du Sud et le Waka Waka de Shakira, un inversement de tendance s’est opéré: la danse africaine de l’été est arrivée. Initié en 1991 par Yannick Noah et son Saga Africa (non je rigole…) le phénomène s’est enraciné depuis quelques années en France. Ainsi, TF1 a tenté cet été la carte Alpha Blondy avec son Vuvuzela mais c’est finalement un quasi inconnu, Moussier Tombola, qui a défouraillé les campings français cet été avec son Logobitombo et ses 15 millions de vues sur Youtube. Pour être complet, il faut également citer dans ce palmarès de haut niveau le Hula Hoop de Lyloo et Willy William.


magicsystem-danse.jpgPetite explication pseudo-socio-musicologique de l’impact des musiques d’inspiration sub-saharienne sur le sol européen. Depuis quelques années les maquis* d’Abidjan règlent les phénomènes de mode question musique, danse et sape. La partie immergée de l’iceberg se nomme Magic System et enchaine les tubes depuis près de 10 ans.
Mais combien de sapeurs, flambeurs et autres inconnus danseurs règlent au millimètre les courants de mode qui feront les belles nuits parisiennes quelques semaines plus tard? Pour vous en persuader, voir ici les poétiques et surréalistes danses de la grippe aviaire, de la moto, de la grand-mère, du gorille (pas très sympa c’est presque la même que la précédente …) et les plus célèbre d’entre tous le coupé décalé.



Le phénomène est tellement fort à Abidjan que des gamins déscolarisés en font leur mode de subsistance. Il fut un temps où les Congolais tenaient la corde dans les tendances musicales africaines… Dès les années 50 avec la rumba congolaise qui fit danser nos parents et entrer dans les foyers français un peu de couleur.



Les années 70, 80 et 90 virent l’avènement de tout un tas d’artistes sur le continent européen: Fela, Touré Kunda, Youssou N’Dour, Ali Farka Touré, Salif Keita
Mais question danse, il fallut attendre les années 2000 et les Angolais avec la vague Kuduro (prononcez koudouro) pour inscrire l’Afrique sur la grande carte mondiale de l’électro. Voyez ici les Portugais de Buraka Som Sistema en collaboration avec Mia sur Sound of Kuduro ce que l’on peut faire avec un corps.



Pas mal, hein? Bon allez, l’été est fini, oubliez les shorts et les danses sur la plage. Et maintenant que vous en savez un peu plus sur ce phénomène vous n’aurez plus aucune excuse l’été prochain!* Maquis : bar musical ivoirien en plein air 

Où trouver ces documents ?

Vision / Alpha Blondy

Ki dit mié / Magic System

Golden Afrique n°2

Kuduro Sound System / Frederic Galliano

Black Diamond / Buraka Som Sistema

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7 réponses

  1. Jérôme dit :

    Fabien

    Oui effectivement, il fallait comprendre « émergée »… C’est un peu comme « émigré » et « immigré »… quand il n’y en a qu’un ça va sinon on est vite débordé!! Humour « noir » bien sur… Oui assez cool le logobitombo, en particulier « corde à sauter », complètement poétique à mon goût.
    PS : j’adore ton nom de famille, un lien avec Fabio?!!

  2. Fabien Capello dit :

    Magic System c’est plutôt la partie « émergée » de l’Iceberg, non ? Jamais vu personne danser le Logobitombo mais ça a l’air plus rigolo et décontracté que la moyenne des danses de l’été !

  3. Muriel dit :

    Félicitation, Jérôme, pour ton 1er lâché dans les arènes. Vivement l’été prochain pour en remettre une couche.

  4. Jérôme dit :

    PS : je m’empresse de commander votre suggestion Kinshasa One Two…

  5. Jérôme dit :

    Bonjour Eric,
    Cet article m’est venu cet été lors d’une soirée en camping, lorsque dès les 1eres notes de Logobitombo trente personnes se sont levées et ont entamé une danse à l’identique, étrange phénomène pour moi qui n’avait jamais entendu ce morceau… J’ai trouvé intéressant de mettre cela en parallèle avec les différentes danses d’inspiration africaine qui ont traversé les années en France. Le ton se voulait à la fois amusé et ironique au début et plutôt informatif sur la fin. Le début étant une entrée en matière légère pour informer sur ce phénomène danse qui est un des petits plaisirs de l’été… quand même. Et même si la danse de l’été n’est pas artistiquement ce que le continent africain a produit de meilleur, culturellement ce phénomène me semble intéressant car révélateur de la place des musiques africaines sur le continent européen. Merci pour votre commentaire qui alimente le débat…

  6. eric dit :

    Jérome,

    L’article trouve t’il son inspiration dans une « méchante humeur de fin d’été »? Car l’introduction laisse bien peu d’enthousiasme au lecteur…

    du coup est-ce une description ironique de ces danses de l’été..?

    Par ailleurs, pourquoi s’interesser à un phénomène de société sans grande invention, plutôt qu’à de la musique -que j’ose dire plus passionnante-? n’existe t-elle pas dans ces pays????

    je sais qu’il y a quelques labels qui ré-éditent ou promeuvent des artistes afro : sublime frequencies…

    une prochaine sortie « électronique »… mais du coté du Congo:

    http://bleep.com/index.php?page=dynamic&module=drc_kinshasa_one_two

    je compte sur vous pour nous faire partager vos trouvailles sonores 😉

    Eric

  7. Véronik dit :

    Et la tecktonik ?

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