Attention, ceci n’est pas de la seconde main ! Des chroniques courtes certes, mais des vrais coups de cœur et des albums que l’équipe de Bmol vous recommande chaudement…

PAOLO FRESU DEVIL QUARTET, « Desertico »
Diablement beau, cet album : belle la sonorité de la trompette de Paolo Fresu (comme toujours, avec ou sans effet, avec ou sans sourdine), beau ce léger friselis de cymbales sur la version totalement épurée de « Blame it on my youth », et que dire de la guitare de Bebo Ferra, toute en sobriété et en légèreté ? Et je ne vous parle même pas de la reprise de « [I can’t get no] Satisfaction », qui ouvre l’album. Bref, que du beau et du bon, c’est à se demander si ce quartet n’aurait pas vendu son âme au diable à la croisée de chemins sardes contre tant de beauté et d’élégance : est-ce le sens de cette « Suite for Devil » ?
Cadeau du ciel ou du diable, se pose la question qui veut, mais ce qui est sûr, c’est que Paolo Fresu a retenu des grands trompettistes qui l’ont précédé des qualités essentielles : la délicatesse de Chet Baker, la hardiesse de Miles Davis (dont au passage il cite quelques notes dans un hommage discret), le sens mélodique des deux, et bien entendu une sonorité immédiatement identifiable.
En tous cas, un album que j’emporterais volontiers sur une île déserte ! — Martine

 QUATUOR DEBUSSY joue le  « Requiem de Mozart »  
L’abonné de la bibliothèque de Grenoble a eu raison. Pas toujours, les goûts et les ….penseront des bibliothécaires. Mais si, dans ce cas, c’est vrai.
Un abonné, amateur de musique classique, fait l’éloge d’un disque pour qu’il soit présent dans le fonds, le Requiem de Mozart par le Quatuor Debussy. Je rétorque, la bibliothèque détient déjà plusieurs interprétations, et ce disque n’est pas une nouveauté. L’abonné insiste, argumente que le disque est nécessaire à tous les abonnés grâce à sa conception originale et me prête son exemplaire pour que je me fasse un avis. Bien joué ! Je découvre une interprétation épurée qui arrive à restituer la grandeur de l’œuvre. Sans les chœurs et l ‘orchestre, l’ampleur et l’intensité de la musique sont toutefois conservées avec seulement quatre instruments à cordes. Le quatuor Debussy s’est servi d’une partition originale pour quatuor à cordes et y a apporté quelques modifications. Bravo au Quatuor et merci à l’abonné. — Annie

KENY ARKANA : « Tout tourne autour du soleil »
« Je ne suis pas une rappeuse, mais une contestataire qui fait du rap » (Keny Arkana)
Si vous en avez marre des rappeurs sexistes et que vous aimez le rap contestataire aux paroles assassines, il vous faut écouter le dernier album de la rappeuse marseillaise Keny Arkana. Avec des titres comme Indignados, Le syndrome de l’exclu, Gens pressés ou encore Capitale de la rupture – en référence à Marseille nouvelle capitale de la culture – elle réaffirme son art de faire grincer des dents…

à lire :
Une histoire du rap en France / Karim Hammou — Claire

FRANCK VAILLANT, « Benzine : Skits for the ears »
Typiquement le genre d’album dont les fâcheux pourront dire : »Et vous appelez ça du jazz, vous ? »
En effet, on pourrait se poser la question : beaucoup d’électronique, de programmations, de « textures » comme indiqué sur les notes de pochette, et des invités « hors sérail » (Khamilia Jubran à l’oud et au chant, Guo Gan à l’erhu, Cyril Atef).
Oui, mais tout de même : Airelle Besson à la trompette, Olivier Py et Sylvain Cathala aux saxophones… alors, jazz ou pas jazz ?
Mais enfin non, on n’a pas envie de se poser la question, juste de savourer pleinement chaque titre de l’album, tous plus inventifs et réjouissants les uns que les autres, depuis l’énigmatique « J.Z.K.O. » jusqu’à « Mon préféré de l’album », même si mon préféré de l’album à moi n’est pas obligatoirement celui-là. Personnellement mon préféré de l’album serait plutôt « Blink », pour son côté cinématographique et extrême-oriental, à moins que ce ne soit un des titres sur lesquels on entend la trompette d’Airelle Besson, ou encore « Musette », survolé par le saxophone nostalgique d’Olivier Py, et peut-être même « Soladit », ballade de Broadway passée à la moulinette façon Vaillant.
Bref, à vrai dire, c’est l’album entier qui est mon préféré du moment, grâce au petit vent de nouveauté qu’il fait souffler sur ce début de printemps ! — Martine

ANAIS, « A l’eau de javel »
Cette jeune chanteuse (originaire de Grenoble!) connue pour son humour et son originalité, n’a pas entaché sa réputation avec son dernier album « A l’eau de javel ». Son challenge : enlever toutes les traces de vieux pour redonner de l’éclat à ces anciennes mélodies oubliées tout en conservant leur aspect fantaisiste. De Marie Dubas à Edith Piaf, en passant par Arletty, elle parvient magnifiquement à s’approprier les chansons des autres et à les retranscrire dans son univers de folie. Chaque chanson est métamorphosée à l’aide de sonorités plus contemporaines : rock, pop, électro-club, etc., la seule exception : Private dancer de Tina Turner reprise façon années 1930. — Magali

Hermanas CaronniAnne


MIKE STERN, « Big neighborhood »
Cet album n’est plus tout récent (2009) mais peu importe puisqu’il tourne en boucle sur mon ordinateur et c’est bien là l’essentiel. Une pléiade d’invités mirifiques (Terry Lee Carrington, Esperenza Spalding, Richard Bona, Eric Johnson, Steve Vai, Randy Brecker, bref un sacré gratin…) sont au soutien ou croisent le fer avec le guitariste dans ce jazz pas mou du genou et qui s’ouvre sur le rock (rien d’étonnant quand on connaît le pedigree du monsieur), les musiques du monde et même le chant (Esperanza très bien). Son clair, saturé, phrasés bluesy, jazz, hard-rock, Mike Stern n’a rien perdu de sa vélocité et surtout de son lyrisme. Réjouissant. — Julien


ENRICO RAVA, « On the dance floor »
Vous aimez la trompette moelleuse, ou bien incisive,
le lyrisme latin, vous appréciez les grands orchestres pêchus, bien grooveux, bourrés de cuivres qui font des étincelles dans les oreilles,les arrangements soignés, la précision du son ECM,
vous ne dédaignez pas quelques moments de folie et d’explosion d’énergie,votre penchant pour le jazz ne vous a jamais empêché de goûter l’allant des rythmes binaires,ni de vous déhancher avec jubilation sur les tubes de Michaël Jackson, (même si c’était dans la solitude de la salle de bain), alors ce disque est pour vous! Fruit de la découverte de la musique de l’éternel jeune roi de la pop par Enrico Rava, toujours jeune septuagénaire, italien et trompettiste, « On the dance floor » réunit à lui seul tous ces éléments : à nous les nouveaux standards du jazz, sans tabou, avec tambours et trompettes! — Martine

OREN AMBARCHI, « Audience of one »
La première plage (qui intègre la voix harmonisée de Paul Duncan), est calme et douce ; mais la suite se corse, et autant l’album In the pendulum’s embrace (2009) était lumineux et donnait une impression de sérénité, autant celui-ci apparait plus sombre, tendu, avec ses nappes sonores roulant comme des orages chargés d’électricité, soutenues par le rythme lancinant des baguettes magiques de Joe Talia : »Knots » – plus d’une demi-heure – est la pièce maitresse (le « nœud », à proprement parler) de l’enregistrement : 20 minutes de montée d’une sourde inquiétude, se dénouant grâce à un lâcher d’énergie torrentiel et libératoire, et se concluant par une accalmie loin d’être apaisée : magistral ! (rassurez-vous, vous pouvez respirer normalement pendant les 2 dernières plages. — Martine

LAURENT DEHORS, « Une petite histoire de l’opéra »
Voilà, un seul titre et tout est dit ! Revisiter Rameau, Haendel, Rossini, Mozart, Wagner avec les morceaux célèbres que sont Les Indes galantes, Lascia ch’io pianga, Casta Diva, l’air de Pamina de la Flûte enchantée entre autres : on en avait rêvé, il l’a fait ! La clarinette basse et les arrangements de Laurent Dehors sont un véritable feu d’artifice d’inventivité, de pétulance et de beauté. Une belle réussite dans le registre du mélange des genres. La soprano Anne Magouët vous fera frissonner, et la version swing des Indes Galantes avec banjo vous mettra forcément de bonne humeur. Non ?— Anne

ALAIN BASHUNG, « L’ homme à tête de chou »
Deux grands qu’ on ne présente plus…Le mélange est détonnant, et la magie opère très vite, car la voix de Bashung se prête tellement aux compositions de Gainsbourg…
Cet album posthume de Bashung fut conçu comme la bande originale du spectacle « L’homme à la tête de chou », chorégraphié par Jean-Claude Gallota, et vous faites peut-être partie des heureux qui l’ont vu. A Grenoble, la chaise prévue pour Bashung était sur scène…
Le concept Marilou et toutes ses variantes chantées par Bashung de cette voix inoubliable est un pur régal et nous laisse pantois, pétris de la nostalgie de ces grands talents perdus trop tôt que sont Bashung et Gainsbourg.— Anne

FENNESZ + SAKAMOTO, « Flumina »
Après Cendre en 2007, voici la nouvelle collaboration entre le guitariste autrichien Christian Fennesz et le pianiste japonais Ryuichi Sakamoto, toujours selon le même processus : ils enregistrent leurs sons chacun de leur côté, transmettent au deuxième larron qui intervient sur la proposition, rajoutant ici une nappe de guitare flottante, là des notes perlées au piano, ailleurs quelques effets de miroitement ou de souffle (le mixage final se faisant tout de même ensemble en studio, à New York).
L’impression de voyage immobile est parfaite, on se sent comme mollement allongé au fond d’une barque bercée par les flots au milieu de l’infini, enveloppée d’un fin brouillard filtrant des reflets dans l’eau que n’aurait pas renié Debussy.
En 2 disques et 14 plages sobrement numérotées de 0318 à 0429, Fennesz et Sakamoto nous offrent avec Flumina une sorte de rêve étrange dans lequel la guitare devient instrument à vent et le piano gong balinais ou barque sur l’océan. — Martine

PHOEBE KILLDEER, « Innerquake »
Innerquake. Tremblement interne. C’est exactement ce qu’on ressent à l’écoute du deuxième album de Phoebe Killdeer and the Short Straws. Et aussi une furieuse envie de monter le volume et de bouger la tête.
Le premier album, Weather’s coming, découvert par hasard en 2008, m’avait déjà laissé l’impression d’une musique accomplie, aux influences multiples certes, mais avec un son particulier, une énergie originale et contagieuse. Le deuxième album confirme cette impression, avec cette lourdeur accentuée, celle d’un vieux blues-rock comme on n’en fait plus avec autant de naturel, ou trop rarement… Leurs impressionnantes performances scéniques confirment que les musiciens et la chanteuse à la voix ténébreuse se sont bien trouvés, et on espère que ce n’est que le début de l’envoûtement ! — Nelly

CAT EMPIRE, “Two shoes”
Two Shoes de Cat Empire, c’est du rock mais pas que, c’est aussi du folk, mais pas trop folk, il y a un peu de ska mais il y a aussi de la salsa. Le tout est australien… mais on y trouve aussi une ballade qui sonne britannique et le folk semble américain. Le disque est un concentré d’énergie, tout en restant posé et léger à la fois. Que d’oxymores et de contradictions pour une mini-chronique me direz-vous, mais je ne sais comment exprimer les sentiments que ce disque de 2005 que je n’ai découvert que récemment me fait avoir. C’est comme un rêve, quand on est dedans tout est logique et normal, mais une fois sorti on ne peut rien expliquer. C’est un album très éclectique mais que vous l’écoutiez dans l’ordre ou en aléatoire, il garde une unité et ne peut qu’ apporter un peu de bonheur. —

STEVIE NICKS, « In your dreams »
Avec ce septième album solo et après dix ans d’attente, Stevie Nicks nous offre un come-back gagnant. Il faut dire que l’album est produit par Dave Stewart, l’ex-partenaire d’Annie Lennox du groupe Eurythmics.
Un retour en force pour l’ex-chanteuse du groupe légendaire Fleetwood Mac dont elle a écrit les principaux tubes. Cet album est dédié aux nostalgiques du rock façon années 80 car il mélange le rock, le funk, le blues, la soul et de belles mélodies avec la voix si particulière de Stevie. Le premier extrait « Secret love » se passe dans un décor de cirque burlesque avec un beau cheval blanc que l’on retrouve d’ailleurs sur la pochette de l’album. Le titre « New Orléans » fait référence à l’Ouragan Katrina, quant au titre « Annabel Lee » c’est une chanson tirée d’un poème d’Edgar Poe tandis que « Moonlight » fait référence aux vampires (c’est la mode « Twilight », il faut bien plaire aux plus jeunes !); en duo avec son ex compagnon Lindsey Buckingham qui fait lui aussi son come-back et participe comme guitariste de Tom Petty et de Mike Fleetwood. Un album lumineux qui raconte des histoires d’une vie personnelle et musicale bien remplie, d’une légende mystique et bohème du rock, qui à 62 ans n’ a pas dit son dernier mot musical. — Stéphane

ERIC LEGNINI & THE AFRO JAZZ BEAT, « The vox »
Qui a aimé le concert de Stefano Di Battista en octobre aimera ce disque d’Eric Legnini, « The vox » ! D’ailleurs, les deux compères ont joué ensemble dans les années 90, et définitivement les jazzmen italiens rivalisent par leurs talents divers. Pianiste de formation, il a joué aussi avec le trompettiste Flavio Blotro entre autres. Entouré de beau monde comme Franck Agulhon aux percussions ou Julien Alour à la trompette, il offre aussi, telle la cerise sur le gâteau, la voix de Krystle Warren, à la fois chaude et rocailleuse. Un album idéal sous la couette en ce début d’hibernation… — Anne

« PINA : Dansez, dansez sinon nous sommes perdus » (B.O. du film de Win Wenders et Pina Bausch)
L’autre jour en rangeant des cd je me disais : « c’est bizarre quand même, d’emprunter des musiques de film, sans le film, quel intérêt ? »
Et puis j’ai reçu celui-là, et dès le 1er morceau (« Pina », justement), la musique a éclaté dans mes oreilles, comme un voile qu’on déchire, comme le soleil qui se lève sur Belledonne… Pourtant je n’avais pas vu le film, mais l’ambiance était là : belle, profonde, éclatante, et pourtant légère, souvent minimaliste. J’ai ensuite parcouru le livret et lu la jolie histoire de cette musique racontée par Wim Wenders lui-même, qui raconte qu’il voulait mettre toutes les musiques qu’il aime, mais que les droits d’auteur étaient trop chers !! Casque sur les oreilles, jusqu’à la fin je me suis dit que tout cela était une belle réussite. Il ne me reste plus qu’ à aller voir le film…
En plus, par les temps qui courent, ce titre est tellement fort : « dansez, dansez sinon nous sommes perdus », tout ce cocktail ne vous laissera pas indifférents c’est sûr. Et vous pouvez également regarder ce film sur Cinévod ! — Anne

GAVIN BRYARS, « New York »
Des œuvres pour percussions-claviers, ça n’est pas si fréquent; des œuvres aussi mélodiques et chantantes que celles que Gavin Bryars a composé pour ces instruments, c’est encore plus rare ! Alors ne passons pas à côté de ce disque, une occasion de découvrir ce que sont ces percussions à claviers, capables tout à la fois de nuances et d’expressivité étonnantes : les vibraphones, marimbas, glockenspiel, xylophones et autres songbells, joués aux mailloches ou à l’archet, remplacent chez Gavin Bryars la section de violons de l’orchestre, avec une musicalité et des couleurs tout aussi subtiles. Deux des pièces de cet album sont dédiées aux Percussions Claviers de Lyon, qui en sont ici les interprètes : formation de 5 musiciens, le PCL défend avec passion depuis 1983 les couleurs de la famille des percussions-claviers, à travers des transcriptions d’œuvres du répertoire, ou des créations. Et tout ça à notre porte, chez nos voisins lyonnais…— Martine

JEROME VAN DEN HOLE
Parfois, après une journée noire, on glisse un cd dans le lecteur de la voiture en pensant à autre chose, et là tout doucement ce qu’on entend nous ramène vers une image plus douce , une vision plus bleue des nuages lourds du moment… Voilà comment j’ai découvert un premier album d’un jeune homme qui a mon avis ne va pas s’arrêter là. Un nom pas terrible pour un beau gosse bourré de talent : Jérôme Van den Hole. Quoique, Jérôme c’est pas mal ( ; ) . Une belle voix grave avec une pointe d’accent craquant rappelant Dick Annegarn, des arrangements comme je les aime, sobres mais riches, acoustiques. Agrémentant le tout, des paroles parfumées d’ humour et de poésie, « la vie est un couteau planté dans le velours », « j’ai pas demandé la lune, j’ai pas demandé l’Amérique, j’veux juste du ketchup pour mes frites ». A l’heure de la morosité ambiante, où même la musique a du mal à percer le mur du son, voilà un disque qui fait du bien, parions que vous rallongerez votre trajet pour finir de l’écouter tranquille et à fond, le coude sur la fenêtre, comme si vous partiez en vacances. — Anne

BEST COAST, « Crazy for you »
Un vent de contestation souffle sur la Californie comme autrefois le grunge sur Seattle. Ouf, enfin un petit renouveau dans le rock, je commençais sérieusement à m’ennuyer! On ne va rien se cacher, Best coast fait du neuf avec du vieux, mais ce côté garage-pop un peu rétro à su attirer mon attention au même titre que des groupes comme les DumDum girls ou Warpaint.
Il semble que L.A. soit devenue « the place to be » pour les groupes de rock indé à forte tendance féministe. On désavoue le culte du corps, on traine des pieds, on fait cracher les guitares et on nage à contre-courant : bref on a tout compris.
Crazy for you est le premier album de ce brillant duo dont je vous conseille fortement l’écoute, ne serais-ce que le single Boyfriend suffit à vous plonger dans l’ambiance : le California Spleen. — Emeline

john-pigeon.jpgPIGEON JOHN, « Dragon slayer »
Allez, pour changer je chronique du hip-hop pas méchant. Plutôt moelleux même. Parfois rangé dans la catégorie « rap chrétien » (oui ça existe aux États-Unis) en raison de ses messages plutôt positifs et des nombreuses références à dieu (rien de très choquant pour les États-Unis), Pigeon John nous sert un album au son old school. Beaucoup de chœurs et de claps de main qui donnent un aspect gospel, du vieux piano électrique pour la petite larme de vintage (apparemment en ce moment c’est le retour du vintage) et des arrangements simples avec un soutien batterie et cuivres légers. C’est musical, assez doux mais plein d’énergie, malgré une ou deux chansons qui font un peu trop pop formatée (faut que ça se vende) l’album se laisse bien écouter, chaque titre ayant un air de reprise (en tout cas ça rappelle souvent quelque chose, sans que l’on puisse vraiment retrouver ce que c’est).—

Pourquoi vous ne trouverez pas le dernier Seth Gueko à la bibliothèque Centre Ville… Écoutez bien les paroles, prenez le temps de les savourer et trouvez un argument pour que ça arrive dans la collection hip-hop du Centre Ville. Juste un seul… Je ne suis pas facilement choqué mais il y a des choses vraiment écœurantes qui sont difficiles à supporter et là, je trouve que c’est trop. Si encore il essayait de dire quelque chose de plus intéressant que « j’te bute » ou « j’te baise », je lui demande pas un exposé de philo mais il y a des rappeurs qui ont des textes qui expriment une idée (au moins une). Il paraît que c’est un chanteur à punchlines, c’est bien beau mais c’est pas mal, de mettre des textes entre deux punchlines, parce que là du coup ça veut pas forcément dire grand-chose et l’enchainement est de fait un peu poussif. Le pire : les commentaires youtube de gens qui pensent que c’est le top du hiphop français, voire son avenir. —

afrocubism.jpgAFROCUBISM
« Afrocubism » c’est le nom d’un projet des années 90 qui devait réunir des musiciens cubains et maliens à Cuba et créer un album. Mais suite à quelques problèmes de visas, les Maliens (Bassekou Kouyaté et Djelimady Tounkara) sont restés au Mali et le cubain (Eliades Ochoa) a dû ressortir des vieux musiciens du placard pour faire l’album de musique du monde le plus vendu de tous les temps : Buena Vista Social Club. Le producteur relance la formule douze ans après, avec cette fois-ci des visas à jour et une poignée d’africains en plus (Toumani Diabaté et Kasse Mady Diabaté, entre autres). C’est ainsi que sort cet album « Afrocubism », enregistré en quelques jours. C’est chaud, c’est chaloupé, les sonorités se retrouvent, se combinent et s’entremêlent au point qu’on ne sait plus si c’est afro-cubain ou cubano-africain. Au final cette ambiance conviviale et ensoleillée fait de ce disque un bon moyen d’attendre l’été, ou plutôt d’avoir l’impression qu’il est déjà là. —

story-of-anvilTHE STORY OF ANVIL
Réalisé par Sacha Gervasi, Anvil où la descente aux enfers de deux métaleux nés sous une mauvaise étoile. Après avoir partagé la scène avec Scorpions, Anthrax et Metalica, Robb Reiner (batterie) et Steve « Lips » Kuldrow (chant et guitare) retombent dans l’anonymat. Mal conseillés, mal entourés, et surement trop honnêtes, ces 2 copains d’enfance ne lâchent rien et vivent de travaux précaires pour faire survivre leur groupe. A la vue de ce documentaire on a d’abord envie de rire, croyant voir un remake de Spinal Tap tellement les situations sont ubuesques (Lips jouant de la guitare avec un godemiché), à la fin on a la gorge serrée devant le combat de ces 2 quinquagénaires. Une belle leçon de vie et d’amitié ! Pour la petite histoire, à la suite de ce documentaire Anvil a été invité à de nombreux festivals dont notre Hellfest national, à la grande joie des fans qui ne les avaient pas oubliés. — Emeline

batucajazz.jpg MAGNUS LINDGREN, « Batucada Jazz »
Voilà de quoi vous sortir de votre hibernation douloureuse – sachant qu’un Grenoblois sans neige n’est qu’un Tahitien sans pirogue !
Ce compositeur finlandais, aux créations plutôt contemporaines signe là un album différent : un souffleur nordique magnifique et un assemblage de musiciens sud-américains en grande forme : voilà le décor. Ensuite, de ces compositions chaloupées et torrides comme on n’en entend pas tous les jours sur la scène jazz.
Bref, une collaboration nord-sud comme on en rêve. — Anne

PINK TURTLE, »Back again »
Et oui, le retour des infatigables fous swinguants, qui après avoir repris façon swing brillant « Hôtel California » d’Eagles, « Smoke on the water » de Deep Purple, et autres tubes pop inoxydables, s’attaquent à une nouvelle fournée : rien de moins que « (I can’t get no) Satisfaction », « Roxanne », « Billie Jean » ou « Hey Jude » : chacun de ces succès du monde du rock se retrouve emballé dans un packaging jazzy du meilleur aloi : du coup, ça rocke, ça rolle, ça slide et ça cuivre, bref, de quoi résister aux froidures et vous donner des fourmis dans les jambes! — Martine

tribeqa-qolors.jpgTRIBEQA, « Qolors »

Ou le retour des Nantais cosmopolites ! Deuxième album du groupe dont la musique est, à l’image de leur ville portuaire, ouverte aux rythmes et aux sonorités des continents à la fois lointains et voisins par la mer, l’Afrique et les Amériques : la mayonnaise entre jazz, hip-hop, mélodies brésiliennes et sons d’Afrique de l’ouest prend toujours aussi bien, émulsionnée avec bonheur par le magnifique balafon chromatique de Josselin Quentin. Ils accueillent ici quelques invités triés sur le volet, dont Geoffroy Tamisier pour la trompette jazzy, Mauikai pour le soul cubain, Blake Worrell des Puppetmastaz pour l’énergie hip-hop. Un vrai régal, et il paraît que c’est encore mieux en concert ! — Martine

canaille.jpgLA CANAILLE, « Une goutte de miel dans un litre de plomb »

Révélé au Printemps de Bourges et après une tournée en France, La Canaille sort son premier album. Du hip-hop nourri au rock et à la world music. Des paroles engagées voire anarchistes (voir le titre « Ni dieu ni maître ») mais toujours sensées, chroniques du monde mâtinées d’allégories frappantes. Du scratch pour souligner le tout sans être omniprésent. Une ambiance dure, sombre mais sans déprime, qui sonne plutôt comme un appel à la lutte contre les injustices, thème classique du rap mais dont la mise en scène textuelle et musicale en relève la saveur comme… une goutte de miel dans un litre de plomb. Un album réussi qui redonne envie d’écouter du hip-hop français. — Jö

THE RUNAWAYS, « Born to be bad »

Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d’adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous « I love rock’n’roll ») et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l’étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film « Les Runaways » de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces « riot girls », venez vous rattraper à la bibliothèque avec « Born to be bad » et bientôt la BO du film ! — Emeline

cirque.jpgNICOLAS BERNARD, « Le jazz fait son cirque »

Dès que le regard se porte sur la pochette, on accroche avec ce cd : c’est chatoyant, original… et l’écoute des morceaux le confirme. On se croirait tour à tour sous les lumières du cirque, dans un bon fauteuil au cinéma, assis à la terrasse d’un café. C’est une ambiance particulière et rythmée que portent ces musiciens avec chaleur et humour. Ils font parler leurs instruments, ils s’amusent à se répondre et nous embarquent avec eux. Cet album nous donne une idée de l’énergie qu’ils offrent sur scène. A découvrir sans tarder et à mettre dans les petites mains des petites oreilles pour un plaisir partagé. — Sandrine

cordebreve.jpgCORDEBREVE, « s/t »

Ce n’est pas tous les jours que l’on a Paul Verlaine ou Jean Moréas pour paroliers. Eté 2007 : le musicien bordelais Thomas Sinier, après trois albums s’attelle à un projet original : mettre en musique et faire interpréter par la voix délicate et parfois chuchotée de Charlotte Jubert des poèmes …du XIXe siècle, la plupart tombés dans l’oubli, certains de leurs auteurs aussi. Cordebrève était né. J’avoue que les noms de Léon Valade ou Maurice Rollinat ne me disaient rien. Quant à citer un titre de Catulle Mendès … Sur cet exercice plane l’ombre de géants, Léo Ferré avec Apollinaire et Baudelaire, et l’incontournable Ferrat chante Aragon. Aussi ce dépoussiérage est-il une occasion de renouer avec la poésie, parfois la mal-aimée de la littérature. Ici elle n’apparaît pas surannée, car il y a adéquation entre ces mélodies actuelles, accompagnées à la guitare et la batterie et ces textes d’un autre temps qui véhiculent des sentiments intemporels. Un disque pas follement gai, mais intimiste et hors des modes. Si vous avez la curiosité des oreilles… — Marie-Thérèse

Les PAPAS RIGOLOS, « Leçon de choses »

Une guitare + une basse + une batterie + trois voix = Les Papas Rigolos. Musiciens confirmés et papas gâteux, c’est avant tout en direction des « pitits n’enfants » que nos rigolos foncent têtes baissées mais aussi, vers leurs parents et grands parents qui semblent fortement apprécier leur univers loufoque et coloré. Naviguant entre rock, disco, reggae, salsa… émaillés de textes tour à tour tendres, sensibles ou drôles, les Papas Rigolos nous présentent des extraits de leur dernier CD « Leçon de choses ». — Violette

fanfare-en-petard.jpgLA FANFARE EN PÉTARD

Les six musiciens de la Fanfare En Pétard (FEP), armés de leurs cuivres, ont décidé de vous faire oublier vos misères avec ce 2ème album !

D’improvisations désordonnées en désordres improvisés, le groupe assoit ses marques et impose son style : bombe festive ! un détonnant métissage de Ragga Ska Funk Dub.

Les fanfareux prennent plaisir à créer, jouer, donner, délirer… sans jamais s’essoufler, le tout avec humour et générosité.

Venus des confluents de l’Alsakistan, royaume de la bière et de la tarte flambée, ces semeurs d’heureuse zizanie se veulent résolument énergiques et délicatement dérangeants. Le ton est donné ! En rouge et en Pétard, la fanfare milite activement pour le sourire et pour faire danser les gens. — Violette

MUNICIPAL WASTE, « Massive aggressive »

Grenoble est sous la neige et vous avez froid : oubliez le vin chaud et écoutez plutôt du trash! Municipal Waste (déchets municipaux) est un excellent groupe composé de 4 gaillards plein d’humour, venus de Richmond (Virginie). Formés en 2001 ils ont pour particularité de présenter un trash très old-school, mais d’une puissance et d’une intensité assez incroyable. Connus également pour leurs concerts à l’ambiance festive, vous y verrez surement démarrer un circle pit. Eh oui, les concerts de trash sont de vrais moments de convivialité où l’on danse en cercle en se sautant dessus … sans renverser sa bière (le circle pit)! Allez c’est bon, le trash ça existe depuis plus de 20 ans, arrêtez de vous dire que ce n’est pas pour vous ! — Emeline

Commentaire de Julien : le seul concert où j’ai vu des filles faire du « stage diving » (sauter depuis la scène sur le public) en planche de surf sur fond de riffs ultra-lourd et dans une ambiance (presque) bon enfant. A voir absolument en concert !

 

nino1.jpgTHE NINO’S CHANTENT NINO FERRER

Nino Ferrer, je ne connais pas bien. Alors comme une enfant devant sa papillote, j’hésitai sur son contenu : chocolat praliné ou pâte de fruit trop sucrée ? Dès la première écoute, on comprend que c’est un bon chocolat fondant. Tout y est : une orchestration de qualité, un hommage respectueux à l’artiste, des reprises très originales (mention spéciale pour la reprise pêchue de « on dirait le sud », il fallait oser) et une démarche artistique expliquée dans une intro sympathique. De quoi découvrir ou redécouvrir Nino Ferrer, poète méconnu dont les enfants chanteront les refrains à l’envie après l’écoute de ce CD. A déguster en mangeant des papillotes… (mais c’est malpoli de chanter la bouche pleine). — Sandrine

FLORENCE & THE MACHINE, « Lungs »

Une météorite vient de tomber dans les bacs à cd de la bibliothèque Kateb Yacine, venant tout droit de la galaxie pop-rock-indie anglaise. C’est l’album « Lungs » de Florence and the Machine, un groupe mené par la mystique Florence Welch pour nous enivrer avec des chansons endiablées et romantiques comme ma préférée « Cosmic love » ou « Rabbit heart », « Dog days come over », « You have got the love ». Alors laissez vous posséder par la voix rauque et mélodieuse de Florence avec son premier album « Lungs » qui est à respirer à pleins poumons, car c’est sûr avec Florence la Machine musicale est lancée pour vous envouter… — Stéphane

iam.jpgIAM, 20 live « Retour aux pyramides »

En ces temps de froidures hivernales quoi de mieux qu’un petit tour en Égypte ? Aux pieds des pyramides tant qu’à faire…  avec IAM en live pour leur 20 ans  ? Accompagnés par l’ Orchestre Populaire du Caire et épaulés par Kahled et Lofti Bouchnak, ils reprennent leurs plus gros titres (particulièrement ceux de « L’École du Micro d’Argent« , normal c’est le meilleur). En bonus, un documentaire retraçant la carrière du groupe et leur périple en Égypte. Le Cd audio du concert live est aussi inclus avec le Dvd. A écouter et voir de toute urgence pour les fans… — Jö

QUEEN IFRICA, « Montego bay »

Fille du grand chanteur de ska, Derrick Morgan, Queen Ifrica se détache de ses copines chanteuses de reggae à tendance sexy en se donnant comme ligne de conduite la transmission du message rasta. Et moi le message rasta à part Jah Jah love, Rastafari, Sélassié Hailé j’y connais rien, mais la demoiselle me donne envie d’y croire. Une musique empreinte de mysticisme mais aussi d’une grande conscience sociale, oscillant entre le roots et le ragga, toujours avec classe et force de conviction. Une grande dame militante dans ce milieu très macho qu’est le reggae jamaïcain, je dis bravo! — Emeline

LEE FIELDS, « My world »

Superbe album à l’ancienne pour ce « My world ». Les mauvaises langues diront que ça ne révolutionne rien, mais finalement ne peut-on pas dire ça de beaucoup de genre musical ? L’esprit de James Brown, Ray Charles et des grands anciens planent sur ce disque qui réserve en plus une pelletée de tubes potentiels. Les arrangements sont magnifiques et la voix de Lee Fields porte les compositions de l’album sans faiblir. De la Soul music en majuscule. Le succès mérité de l’album a d’ailleurs incité le label à resortir l’album « Problems » disponible également dans les bibliothèques de Grenoble. — Julien

ARCTIC MONKEYS, « Humbug »

Voici le nouvel album des Arctic Monkeys, le troisième du nom.

C’est l’album de la maturité : les petits rockers sont devenus grands et ce qu’ils ont perdu en innocence et en fougue, ils l’ont gagné en maîtrise musicale. On retrouve toujours ces chansons à la ligne mélodique entêtante et au rythme sautillant, mais on sent une volonté de leur part d’évoluer et de sortir des recettes qu’ils maîtrisent. Mais je vous rassure, l’essentiel demeure : du rock qui accroche et qui donne envie de sauter. Et avec Josh Homme (leader des Queens of the Stone Age) à la production, on peut être sûr que cela va être sacrément rock’n’roll. — Rosie

DOMINIC SONIC, « Phalanstère #7 »

Il faut se méfier de la nostalgie qui nous donne envie de replonger dans nos amours musicales de jeunesse. Quelques fois, cela sent tellement le rance qu’on brulerait sur le champ les idoles d’antan… et d’autres fois non. Heureusement ! Quelle délectation d’entendre ce son rock et nerveux, ces riffs teigneux et ses mélodies accrocheuses. Du pur jus d’énergie, du tempo années 80 revisité et reboosté, du rock français et du bon, du vintage mais pas factice du tout. Un come-back réussi pour Dominic…nic, nic.

— Rosie

“The Wrestler « [B.O. du film de Darren Aronofsky]

Film très attendu par les fans de Mickey Rourke, qui retrace l’histoire d’une star du catch des années 80 tombée dans l’oubli et la misère, tant sociale qu’affective. Un genre de « Rocky » du catch en somme… Outre la qualité du film, sa bande originale est un condensé de « glam metal » des années 80. Attention : allergiques au fluo, collants moulants et brushings impeccables s’abstenir : de Ratt à Cinderella en passant par Quiet Riot, Accept ou Scorpions, ils sont tous là… et ils nous avaient manqué! Un régal… — Emeline

Jamaica shines everywhere« Jamaica shines everywhere » [compilation]

Le soleil brille partout et pour tout le monde, le Reggae aussi. Les descendants de Bob Marley et les fils spirituels de la Jah culture ont essaimé le monde et sèment les graines de la « Jah love attitude » partout où le terreau est fertile. Voici donc une compilation des meilleurs artistes mondiaux du genre dans des figures de style variées. De la bonne (musique) en perspective et de quoi satisfaire toutes les envies à volonté. Pour les déjà convaincus comme les réfractaires. Jah Rastafari vous salue bien. — Rosie

VINCENT MALONE, « Le cabaret magique du roi des papas »

Que dire du dernier opus du roi des papas ? Qu’il nous propose une version très personnelle des origines de la vie et de ses mystères ? Que ses personnages, dévoilés par le rideau rouge d’un cabaret imaginaire sont truculents ?

La magie de Vincent Malone emporte tout sur son passage et chaque oreille y trouvera son compte. Rire, tendresse, entrain mais aussi réflexion sur le sens de la vie, du « big bang » au « bang big », bref le spectacle commence… — Sandrine

BEIRUT, « Gulag orkestar »

Voilà un disque qui nécessite une plongée totale en apnée. Pour écouter ce disque, il faut sortir des schémas classiques connus. En effet, avec Beirut, on découvre un mélange incroyable entre la world des Balkans, le rock et la musique folk américaine. Beirut, c’est la vision artistique d’un garçon, Zach Condon, plein d’idées et d’harmonies musicales qui lui trottent dans la tête. A vous maintenant de libérer sur votre platine toutes ces harmonies et à partir pour un merveilleux voyage musical. — Rosie

MELISSA LAVEAUX, « Camphor and copper »

Melissa Laveaux est une très jeune musicienne canadienne, d’origine haïtienne, qui avec cet album vient jouer dans la cour des grands « songwriters ». Ce premier album est loin d’être une ébauche tant son style est déjà maîtrisé et sûr. Du folk, enrichi par les origines créoles de la donzelle. Un regard extérieur qui magnifie ce genre séculaire. De magnifiques compositions personnelles, délicates et minimales à la mélodie entreprenante, et deux reprises réussies de deux grandes chansons du répertoire américain (« Needdle in the hay » d’Elliott Smith et « I Wanna be Evil » d’ Eartha Kitt). Décidément, une artiste à découvrir et à suivre. — Rosie

Alpha WessALPHA WESS, « Le choc des cultures »

Alpha Wess propose dans cet opus du reggae avec des instruments traditionnels. Originaire de Guinée, il prend le micro plutôt que le stylo pour diffuser ses textes politiques et c’est dans sa langue traditionnelle qu’il chante. Plus besoin de démontrer l’universalité du reggae, il suffit d’écouter.

— Rosie

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5 réponses

  1. Julo38 dit :

    Je suis fan de cet album (Oren Ambarchi) il devient parfois difficile de suivre la discographie du monsieur, entre ses divers projets et participations (SunnO))), mais il y a toujours du bon à prendre chez lui. Personnellement je suis moins fan du second morceau (un peu trop oppressant, un peu trop long ?) mais les trois autres sont excellents, sans doute ce qu’il a fait de plus accessible…

  2. Julien dit :

    A l’attention de David B.
    Un autre débat enflammé (on aime bien ça sur Bmol) sur le rap français ici :

    http://bmol.bm-grenoble.fr/orelsan-perdu-davance/

  3. David B. dit :

    Mais du coup, j’oublie de vous féliciter pour le blog.

    Bravo, il est très bien construit, très lisible, accessible… et dynamique !
    Continuez comme ça !

  4. David B. dit :

    Et moi qui voulait lancer le débat sur le rap après avoir lu la critique de Seth Gueko. Bon, bah, je m’engouffre dans la brèche initiée par le précédent commentateur…

    La stigmatisation du rap est quelque chose de très français malheureusement. Aux Etats-Unis, c’est l’un des genres les plus médiatisés… c’est loin d’être le cas en Europe. De même qu’il existe une multitude de genres dans le rock, le classique ou la chanson, le rap peut également être très varié. Du rap marketing de la Sexion d’Assaut « L’école des points vitaux ») au flow dévastateur rock et rap de Casey vs Zone libre (Contes du chaos), il y a un gouffre. Le tout est de savoir faire la part des choses… Mais ce n’est pas parce qu’il n’y a apparemment pas de message (Seth Gueko) qu’il n’y a rien à en dire.

    La force du rap, sa stigmatisation ? Ouh là, diable non. Au contraire, c’est sa diversité, sa capacité d’avaler les influences pour en ressortir quelque chose de neuf, différent. La musique est essentielle dans le rap… et si on ne peut pas chanter sur n’importe quel son, on peut quasiment rapper sur tout. Le travail de la prod., du Deejaying est essentiel. Et les meilleurs artistes du genre sont ceux qui ont réussi à synthétiser et assimiler une solide connaissance de l’histoire de la musique en général (travail sur les samples, du classique au funk en passant par la chanson… écouter Wax Tailor notamment, il vient du hip hop).

    Je finis avec Seth Gueko et je m’arrête. Je vais donner un argument en faveur de l’album Michto. Avec un bon second degré, on en arrive à le trouver drôle. Oui c’est méchant, misogyne, violent, gratuit, trash, etc. Mais ça fait partie du personnage, et aujourd’hui on écarte tout ce qui est dérangeant. Au contraire, ce qui irrite mériterait qu’on y jette un autre oeil. Il faut savoir regarder au-delà de la provocation… je suis loin d’être fan, mais je reconnais que le mec a un certain charisme. « Je vais m’tatouer LOVE sur les phalanges pour te cogner avec amour » (Tapis Moquette, 3e titre de l’album). Avouez que le MC a un très bon sens de la métaphore.

    Musicalement,
    David B., discothécaire en Seine-et-Marne.

  5. Roberta dit :

    Salut, c’est bien sympa votre blog ! je suis assez d’accord avec les critiques à l’hip-hop corrosif. Je me rends compte que ce langage peut être l’expression de certaines réalités et aussi innovateur mais parfois il est trop poussé et il se vide de sens (exactement comme il advient dans d’autres genres musicaux d’ailleurs!).
    J’ai lu hier un article sur le rap et j’ai eu l’impression que c’est un vrai genre en dehors du système. Je n’en suis pas fan et je ne veux pas dire des bêtises, mais j’ai l’impression que si la revendication d’une identité ou d’une « idée » (au sens très large) est très intéressante, par contre il n’y a pas d’ouverture dans ce genre ni d’un coté ni de l’autre : les artistes se poussent de plus en plus loin (forts du support de leurs fans) et les autres publics continuent à les stigmatiser. C’est ça la force du genre, son autonomie et sa difficile di-gestion?!
    Merci pour votre travail et, si vous voulez, venez voire le site de notre festival, voici le lien: http://www.festivaldechaillol.com!

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