Christofer Bjurström, le plus breton des suédois, ou le plus suédois des bretons, au choix, puisque ce voyageur venu de contrées septentrionales a posé ses bagages et sorti ses pastels en Bretagne.

Il y a déjà quelques années, un des premiers disques de ce pianiste, « Doucement au réveil », avait secoué délicatement les petits matins d’une brochette de discothécaires grenobloises séduites par ses mélodies. Du coup, chacun de ses enregistrements était accueilli avec une attention particulière, jusqu’à celui-ci, qui a du mal à quitter le tiroir de mon lecteur CD.
Dans cet enregistrement, il marie avec bonheur les sons de son piano (et de sa flûte harmonique) à ceux de la clarinette de son alter ego musical Christophe Rocher, mais aussi aux sonorités aussi diverses que celles d’un saxophone baryton, un violoncelle, une clarinette basse, une contrebasse (que de graves!), une mandoline, un violon, ou des percussions, selon les climats développés.

Chacun de ces croquis, inspirés par des films muets du début du siècle (le XXème), nous plonge dans des univers tour à tour enjoués et comme montés sur ressorts (« le petit théâtre« ), folâtres (comme la clarinette de « Subrepticement« , qui se fait nostalgique dans « Le matin avec regret« ), inquiétant (« Sur le grand fleuve noir« , comme par hasard inspiré par « les mains d’Orlac« , histoire de ce pianiste qui se fait greffer des mains d’assassin), carrément sombre voire grinçant (« Dans les catacombes« ), ou féérique et mystérieux comme dans « Oasis dans le soir« , où l’on voit surgir du crépuscule des danseuses orientales aux chevilles garnies de sonnailles…
Bref, un disques aux atmosphères variées qui ménagent les surprises, sans sacrifier la cohérence du propos (il faut dire que Christofer Bjurstrom s’est fait une spécialité de la mise en musique de films muets tels que « Loulou » de G.W.Pabst, Steamboat Bill Junior de Beaster Keaton , ou encore Pêcheur d’Islande de Baroncelli, et autres formes « hybrides » : pour plus de détails, allez donc jeter un œil et une oreille sur le site de la coopérative d’artistes Marmouzic.

Que vous dire encore, sinon que ce disque est recommandé par Les Allumés du Jazz, revue trimestrielle consacrée comme son nom l’indique au jazz mais aussi à ses périphéries, sur laquelle souffle un vent de liberté et de gratuité peu courantes, revue que je vous recommande en retour, et chaudement ! (disponible à l’espace musique de la bibliothèque du Centre Ville).

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