Pas sur que ce soit avec cet album que je parvienne à vous faire aimer le black metal. Noir, monolithique, certains diront glauque et malsain (bah oui, c’est du black metal quand même !), 777 Sect(s) ne me convient d’ailleurs qu’à moitié, alternant les morceaux caricaturaux du genre (chants d’écorchés vifs, titres exécutés à la vitesse de la lumière, double pédale de batterie omniprésente, etc) avec des envolées lyriques particulièrement bien troussées. Explications ci-dessous…

Passé une première salve destructrice de près de 8 minutes, la lumière apparait enfin et c’est tant mieux tant je n’étais pas loin de jeter l’éponge devant tant de noirceur hurlée. J’ai bien fait de m’accrocher car dès le deuxième morceau Epitome 2 on change complètement d’ambiance. Non pas qu’on soit entré dans la légèreté mais le tempo ralentit considérablement, les chants hurlés prennent du recul et sont noyés derrière les murs de guitares, la batterie s’apaise et surtout, on tient enfin le fil d’une mélodie. De (ultra-)technique et démonstrative, la musique de BLUT AUS NORD vire à la mélancolie et au grandiose (voire à l’emphase diront les mauvaises langues) un peu comme du Godspeed You Black Emperor en plus puissant ou du Ausserwelt de Year Of No Light, deux albums à découvrir également dans les bibliothèques de Grenoble !

Malheureusement ensuite ça se gâte, les morceaux s’enchainent sans relief, sans la moindre aspérité à laquelle tenter de se raccrocher pour pénétrer dans ce bloc massif de violence et de noirceur (Epitome 3, une vraie torture).

Une nouvelle éclaircie avec Epitome 4 (hum…quel manque d’inspiration…) peut-être le morceau le plus varié entre structures noise presque classiques, reprise du thème du second morceau, blast ultra-violents et chants d’inspiration païenne. Pour finir en apothéose avec… et oui Epitome 6 et ces rythmes entêtants. Une mécanique sacrément précise et puissante qui révèle tout le savoir-faire du groupe, en particulier sur les morceaux les plus atmosphériques (2 et 6).

3 morceaux sur 6 c’est tout juste la moyenne me direz-vous, mais c’est assez pour me donner envie d’en savoir plus et de croiser leur route en concert histoire de mesurer ce que cette musique massive peut produire sur scène…

777 Sect(s) est typique de ces albums qui resteront définitivement obscures et impénétrables à certains tandis que d’autres parviendront à trouver la clé qui leur permettra d’en saisir les beautés cachées. Un chemin de croix ou une route miraculeuse c’est selon. Bonne chance…

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4 réponses

  1. Vincent dit :

    Un groupe bien de chez nous (Basse-Normandie) et (très chez les amateurs de métal) connu au niveau international ! Leurs deux albums suivants sont plus dans un registre posé (enfin tout est relatif 😉 ) le dernier Cosmosophy est même dans la liste des albums de l’année de Allmusic !

    • Julien dit :

      Oui Cosmosophy, le dernier album de la trilogie 777, est en commande à la bibliothèque Centre-Ville et sera dans les bacs au début de l’année ! Dans le même genre (disons post-metal pour faire vite), je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait, les fabuleux Year Of No Light, groupe de Bordeaux, et notamment leur disque « Nord » qui vient d’être réédité par le label Music Fear Satan avec un disque entier de suppléments. Disponible à la bibliothèque Centre Ville…

  2. Julien dit :

    Effectivement on retrouve bien l’élément post-rock dans les deux groupes que vous indiquez, mais surtout dans les changements d’ambiances et rupture de rythmes / lentes montées ou dans les instruments (piano). Mais je trouve que dans le morceau de Blut Aus Nord on trouve une noirceur et une densité typiquement « black metal » mais en même temps on est dans autre chose, et pas dans le post-rock. Et j’avoue que j’aime bien être cueilli à froid par quelque chose que je n’avais pas encore entendu…
    A noter que si vous aimez le metal moderne, je vous renvoie vers cet article déjà publié sur Bmol :

    http://www.bmol-grenoble.info/high-on-fire-snakes-for-the-divine/

  3. Parav dit :

    Quand on touche du doigt l’univers post-rock, je dis oui! C’est clair que le black metal demande une certaine adaptation avant de pouvoir apprécier les perles qu’il peut receler, et tout le monde n’est pas forcément prêt à fournir cet effort.
    Pour une rythmique plus posée et une ambiance plus planante que sur Epitome 1, je vous conseille d’aller écouter par exemple l’album Procella Vadens de Imperium Dekadenz:

    http://www.youtube.com/watch?v=z15AhLwQ2jM&feature=related

    Ou alors du côté de Shining (ceux de Suède), mais attention on plonge dans le très (très) sombre, il est préférable de ne pas avoir peur du noir:

    http://www.youtube.com/watch?v=hH6R_7xfj0w&feature=related

    Mais pour une première approche, Ausserwelt de Year Of No Light est en effet vraiment très bien car bien conçu et entièrement instrumental. On n’est pas dans le black metal, mais on fait appel aux mêmes émotions. Enfin ça reste mon avis 🙂

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