Bertrand Belin, photo Pierre Jérôme

Photo : Pierre Jérôme

Bertrand Belin est convié au Printemps du livre pour son roman « Littoral ».

Je sais bien que sur Bmol on parle de musique et pas de littérature, mais en ces temps frileux de repli chez soi derrière des murs avec des gardes et des chiens, il est urgent de prôner les mélanges. Le jury du prix Nobel ne s’y est pas trumpé, qui l’a attribué à Bob Dylan. Le Printemps Du Livre non plus, qui invite Theo Hakola, Magyd Cherfi et Bertrand Belin.

Sur la fiche Wikipedia de ce dernier on peut lire : « Bertrand Belin est né et a grandi à Quiberon, aux côtés de quatre frères et sœurs, d’une mère au foyer et d’un père pêcheur ». Anecdotique me direz-vous. Pas tant que ça, si on en juge par l’importance de l’élément liquide dans l’œuvre de B.B.. Je ne parle pas d’alcool bien que Quiberon soit en Bretagne, je parle d’eau. D’eau, il en était question dans « Requin », son premier roman. C’était dans le laps de temps que durait sa noyade que nous provenait la voix de son protagoniste. C’est encore le cas dans « Littoral » dont les trois principaux personnages sont pêcheurs. Le livre débute quand ils remontent dans leur filet un … cormoran.

Je ne vais pas faire le résumé d’un si petit bouquin qu’on le lit en une heure mais dont la trace je vous rassure est bien plus longue. Cela tient à son style. Je n’oublierai jamais la première fois que j’ai entendu une chanson de B.B. C’était « Hypernuit »,

il faisait nuit d’ailleurs, et les mots, ciselés, agencés bizarrement, avaient une force d’évocation inversement proportionnelle à leur économie et leur sécheresse. C’était une histoire de violence, de révolte, une histoire d’incendie avec un personnage rustre qui revenait pour se venger. On retrouve la plupart de ces éléments dans « Littoral » et aussi cette langue particulière, répétitive, comme balbutiée, son vocabulaire précis, cette façon qu’a B.B. de ne jamais situer dans l’espace et le temps ses histoires, qui leur donne une force de légendes.

Alors si vous n’avez pas peur de briser les murs, venez écouter la légende et tenter une expérience textuelle inédite.  Bertrand Belin incarnera son texte par une lecture musicale au théâtre municipal, le vendredi 7 avril à 20 heures.

Même lieu même heure le lendemain, ce sera le tour de Magyd Cherfi avant Theo Hakola le dimanche soir.

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