Non il a osé ?! Parler des Stones sur Bmol ! Et oui, voici un album à classer dans la catégorie « oui mais non ça sert à quoi de parler de ce disque d’abord, tout le monde il le connaît et puis tout le monde l’a déjà écouté moult fois ! »

Oui mais, d’une part ce n’est pas tous les jours qu’on parle d’un disque aussi célèbre ici même et d’autre part je fonctionne au coup de cœur et en ce moment j’écoute ce disque en boucle sans m’en lasser et c’est vous qui payez les pots cassés, voilà ! Et d’abord, est-ce que vous souvenez de la dernière fois où vous l’avez écouté ce disque ? Est-ce que vous êtes capables de citer de mémoire une seule chanson de l’album (et sans confondre avec Sticky fingers ou Beggars Banquet s’il vous plaît) ? Est-ce que vous vous rappelez à quel point ce groupe était génial avant de devenir une entreprise destinée à relever les compteurs dans des stades de plus en plus gigantesques (remember la tournée réservée aux heureux détenteurs d’une carte American Express ?) Enfin bref, arrêtez de croire Philippe Manœuvre quand il vous dit que le dernier Stones est leur meilleur (je serais tenté de dire arrêtez de le lire tout court depuis sa participation à une certaine émission d’incubateurs de stars).

Mais revenons à nos moutons : je vous parle d’un temps où ce groupe avait autant à voir avec Neil Young, le blues (ici la reprise de Robert Johnson, figure mythique du bluesman), la folk et la country qu’avec le rock. La démonstration ? L’orchestration : de la guitare slide, du violon, de l’harmonica, du piano, de la trompette et même de la mandoline (un certain Ry Cooder). Les chansons : au moins quatre ballades (« Love in vain », « Country Honk », « Let it bleed », « You got a silver ») aux carrefours de la country, de la folk, du blues sans parler des orchestrations symphoniques (« You can’t always what you want ») et du rock pur jus (« Gimmie Shelter », « Midnight Rambler », « Monkey Man »).

Sur ce disque, les Stones payaient leur tribut au blues et à la folk-music états-uniennes (déjà largement amorcé sur Beggars Banquet) tout en inventant autre chose. Qu’il est bon d’écouter cet album inusable, de se bercer des parties de guitare d’un Keith Richards au sommet de sa forme – pour la partie guitaristique s’entend – et d’entendre Mick Jagger singer avec talent les grands anciens. Un grand disque qui résiste haut la main aux outrages du temps.

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3 réponses

  1. Miles38 dit :

    Génial !!!
    J’ai acheté l’album en 69, je m’endormais avec, surtout sur « Midnight Rambler », j’ai usé moult vinyls, le CD et je me suis offert la version remasterisée dernièrement.
    Que du bonheur, les Stones au sommet de leur art, la charnière entre « la période Brian Jones » et « la période Mick Taylor« .
    Ils n’ont pas fait mieux, ni avant ni après, même avec « Exile on main street ». 😉

  2. Julo38 dit :

    Je n’irai pas jusque-là mais disons qu’après les albums Sticky fingers et Exile on main street tout est dit ! Tous les grands groupes ont une période de créativité souvent assez limité : 5 ans, 10 parfois avant que l’inspiration ne s’épuise. Selon moi pour les Stones la grande époque c’est 1967-1972. Bizarrement cela correspond aussi à leur période la plus blues. Coïncidence ?

  3. Lud dit :

    Tout à fait d’accord ! Cet album est monstrueux !
    Comme le disait Bégeaudau « Mr Jagger et les Stones sont morts en 1969″…

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