Il est certain qu’en matière de goût, le nez et la langue sont intimement liés; chez moi ce sont mes oreilles qui se sont associées à mon estomac pour m’ouvrir l’appétit. Et en entrée vous prendrez ? Une bonne bande originale de film s’il vous plaît.

Sparrow c’est avant tout un film de Johnnie To, (réalisateur de Hong-Kong) qui raconte l’histoire de pickpockets. Mais c’est aussi une bande originale Made In France, et quand les Français se penchent sur la musique d’Asie… ça me donne envie de manger des nems. Étrange non ?

La faute à qui?

Aux restaurateurs qui nous inondent les oreilles de musique ethno-easy-listening dès que la carte propose des saveurs exotiques ? Ou de la télé qui nous bombarde de clichés ? (surtout l’univers de la pub qui joue avec délectation sur les stéréotypes visuels et sonores, du genre Couscous Garbit ou riz Uncle Benz)
Quoi qu’il en soit j’ai inconsciemment fait l’amalgame et maintenant j’ai du mal à écouter de la musique berbère sans avoir envie de manger un tajine ou un poulet tandoori quand je regarde un bollywood. Rien que d’y penser je sens mon ventre qui gargouille alors revenons à cette sublime B.O.
Car du easy-listening, vous allez en avoir ! Et du très bon, composé par Xavier Jamaux (ex membre du groupe Air) et Fred Avril (talentueux multi-instrumentiste). Le top de la scène électro française qui n’en sont pas à leur première B.O. (Tokyo eyes pour Mr Jamaux). Cette fois-ci les deux acolytes nous plongent dans un univers hongkongais, jonglant habilement entre clichés rétro et avant-garde. L’atmosphère chinoise se dévoile tout en douceur, en subtilités, en touches légères teintées d’un soupçon de jazz ou parfois d’harmonies brésiliennes. Cette bande-son instrumentale est un régal doux-amer, un instant de zénitude à déguster sans modération.
La fin de l’histoire ne vous dira pas si j’ai fini la soirée au resto chinois… le suspens reste entier !

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