MASERATI, « Inventions for the new season »

Voilà le genre de disque qui, malgré une distribution incertaine et une exposition médiatique proche du zéro, est susceptible d’intéresser pas mal de monde : adeptes du Floyd, de Police, du rock progressif voire du post-rock et au final ça commence à faire du monde et peut-être même un public.

De Pink Floyd, on retrouve les ambiances et cette place particulière donnée à la guitare basse (qualité mélodique et position très en avant par exemple sur « Inventions » ou sur l’hallucinant « Show me the season » où la section rythmique est proprement démoniaque), de Police le son des guitares très clair sans effets superflus avec juste ce qu’il faut de delay, la distorsion étant réservé au climax des morceaux. Pour le coté progressif pas celui des années 70 attention : ici pas de technicité démonstrative qui s’étire en longueur ni de style pompier indigeste à la Yes ou Dream Theater. Pour ce qui est du post-rock, le format des titres qui oscille entre 4 et 10 minutes, le coté purement instrumental et l’absence total de chant suffirait à attirer l’oreille des afficionados. Mais l’essentiel avec MASERATI reste l’attention porté aux mélodies (les 2 très beaux instrumentaux « Kalimera » et « Kalinichta » pour s’en convaincre) et la volonté de faire du neuf avec du vieux et voilà le type de performances qui me fait encore bondir de joie. D’ores et déjà favori 2008 !

Seule déception, la présentation du disque est vraiment faiblarde : passe encore la pochette (une sorte d’éclipse de fin du monde menace un centre ville ultra-moderne et au dos l’apocalypse plane sur la Côte d’Azur, mouais pourquoi pas…), mais alors le livret minimaliste (un simple feuillet avec une photo : les gaziers dans un champ de fleurs, hum…) là où il faudrait un vrai effort sur l’objet-disque (oui comme on dit l’objet-livre avec la qualité du papier, le grain, la mise en page, les textes des chansons, etc) pour que les gens continuent d’en acheter, là on est vraiment loin du compte. Voilà, c’est dit !

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Auteur : Julien

Né quelques jours après la mort de Jimi Hendrix (on fait se qu'on peut). S'est flatté pendant longtemps de détester le jazz mais attribue désormais cela à une erreur de jeunesse. Déteste vraiment la nouvelle-nouvelle-nouvelle chanson française. Se gausse pourtant d'avoir vu Bashung un soir de 1995 et d'y avoir pris du plaisir. A tenté (vainement) d'être musicien et traine depuis son mal-être dans des débats musicaux stériles. Persiste a porter des pulls à capuche et des Converse (le plus souvent déchirées) à bientôt 40 ans…

3 Replies to “MASERATI, « Inventions for the new season »”

  1. C’est vrai que lorsque les majors jouent les pleureuses parce que les ventes de disque ne cessent de baisser, on a l’impression que tout est dû au piratage. Je suis persuadé qu’un soin apporté aux pochettes serait un plus (et serait également plus respectueux pour les acheteurs). Que de vinyles j’ai achetés simplement sur un graphisme attrayant ou le travail d’un graphiste réputé. Pour les CD, c’est la cata côté pochettes : rarement originales et souvent illisibles… Tout ça pour 15 Euros minimum. Mais parfois , il y a de bonne surprises comme les pochettes des CD des « Primitifs du futur » signées Robert Crumb ou la pochette peau de panthère pour la compil Ultra-Lounge. Là, j’achète !

  2. Concernant le prix des disques, le problème c’est qu’il est encore considéré comme un produit de luxe du point de vue de la TVA (à l’inverse du livre qui lui n’est taxé qu’à 5.5%). Les professionnels de l’industrie musicale (et pas seulement ceux du disque) militent depuis longtemps pour une TVA abaissée mais jusqu’à maintenant l’Union Européenne s’y est toujours opposé. Ce serait pourtant une solution autrement plus efficace qu’une nouvelle loi du style DADVSI qui dans l’état actuel du projet de loi risque de restreindre les libertés individuelles et ne considère l’internaute (une fois encore) que comme un délinquant en puissance…

    PS : j’ai lu (mais j’ai déjà oublié où) que les vinyls se vendaient de mieux en mieux aux Etats-Unis. Retour vers le futur ?

  3. Oui, moi aussi je suis encore très attachée à l’objet disque et je suis souvent déçue de ce qu’on nous propose actuellement. D’autant qu’à un moment donné on aurait pu croire que le prix exhorbitant du disque était du en partie à sa réalisation « physique », mais l’argument ne tient plus. Le pire en la matière : l’électro. On sent bien que les artistes concernés sont passés depuis longtemps au « tout numérique » et que le disque en lui même est une lointaine préocupation.
    Dommage, moi j’aimais bien avoir plein d’infos dans les livrets des CD.

    Comme dirait l’autre … c’était mieux aaavant! 🙂

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