Comme beaucoup d’Américains, JAMES « BLOOD » ULMER a assisté médusé à l’ouragan Katrina et au sort qui était réservé à la population – essentiellement noire – de La Nouvelle-Orléans. Encore sous le choc des images de misère et d’abandon que lui renvoyaient les télévisions, l’artiste s’attelle à la tache de ce disque éminemment politique. Car les titres de l’album ne laisse aucun doute : « Dead Presidents », « This land is nobody’s land », « Commit a crime », « Old slave master », il s’agit bien ici de régler son compte à l’administration Bush qui non content d’avoir laissé la région à l’abandon, n’a daigné lever le petit doigt pour secourir les habitants de la Nouvelle-Orléans que plusieurs jours après le passage de l’ouragan…

Epaulé par Vernon Reid, le guitariste qui officia au sein de feu Living Colour et qui est également ici producteur, il enfante dans la colère un disque de blues atypique au croisement du rock, de la soul (« Let’s talk about Jesus »), du gospel (« Katrina ») et en tout cas loin des solos de guitares fleuves et des plans classiques du genre. 5 compositions originales et des reprises dont « This land is nobody’s land » de John Lee Hooker, beaucoup de rythmes et d’atmosphères différents sur ce disque très abouti.

C’est en revenant aux sources du blues qu’il entrevoit même par instant le futur d’un genre qu’on pensait moribond. Et pour ce qui est de la conclusion, « There is power in the blues » chante James. Tout est dit.

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