Faisons fi de la nouveauté ! Face à la croissance exponentielle des sorties de disques, il est peut-être temps de (re)découvrir quelques pépites enfouies dans le cours de l’histoire du rock.

Novice (1989), c’est la période avant l’explosion grand public de l’album « Osez Joséphine » et sa pelletée de tubes (« Volutes », « Madame rêve », le titre éponyme). Nul jugement de valeur dans cette présentation. Car de l’underground des débuts au succès commercial des 90’s et 00’s, Bashung a toujours maintenu une démarche exigeante et a suivi sa trajectoire artistique en marge des courants et des modes, imposant la force et la cohérence de son univers. On retrouve donc sur cet album ses qualités habituelles de compositeur et de parolier : textes à multiples sens, jeux de mots et chausse-trappes (« Le duc n’en fait qu’à sa guise », « Un pyromane a du génie et s’en met plein la lampe » sur Pyromanes, »T’es parti avec mes revenus, Vers quel crayon s’est-elle taillée désormais ? » sur Bombez, « Yaoundé qu’est pipé », etc, etc). On retrouve également une autre caractéristique de son travail, sa capacité à s’entourer, rappelant ainsi qu’il était aussi un excellent musicien et accessoirement un des rares artistes hexagonaux capables de se frotter à la crème du rock international: Phil Manzarena (Roxy Music) et Blixa Bargeld (Einsturzende Neubauten, Nick Cave) aux guitares (plus tard ce sera Marc Ribot et Link Wray sur l’album Chatterton accompagné du trompettiste de jazz Stéphane Belmondo), Colin Newman de Wire à la production. Et bien sur Boris Bergman à l’écriture, laissant  pour la première fois la place sur plusieurs titres au nouveau venu d’alors Jean Fauque.

Le résultat est assez surprenant : l’album est très sombre (à l’image de sa superbe pochette qui annonce fièrement la couleur), avec un coté new-wave voire même industriel (beaucoup de boite à rythmes et de claviers notamment, un son très froid, l’influence souterraine de Blixa Bargeld ?), globalement sans concessions à l’image des albums Roulettes Russes ou Pizza  du début de carrière mais sans les tubes (Gaby Oh Gaby, Vertige de l’amour) qui permettaient de faire passer la pilule auprès des maisons de disque. Une sorte de suicide commercial qui contient pourtant une brassée de perles : « Légère éclaircie », « Alcaline », « Bombez », « By proxy ». Un album qui mériterait donc de retrouver la lumière…

A noter que France Inter à diffusé cet été une série de 10 émissions intitulée « Bashung de l’aube à l’aube » qu’il est possible de réécouter à cette adresse :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/archives.php

Où trouver ce document ?

Ci-dessous le titre Légère éclaircie capté pendant la tournée résolument rock de 1995…


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