« Sometimes you go through hell and you never get to heaven »
(Maraschino-Red Dress $8.99 at Goodwill)

Enfin du rock !
Celui qui vous énergise et qui a fait sienne une poésie brutale, verbale et parfois hurlante. Certes, on y reconnaîtra des influences. La poésie sombre de Nick Cave – période From her to eternity, la fiévreuse impatience de Lou Reed avec qui il partage le goût de l’ambiguité, l’étrangeté maléfique du cinéma de David Lynch et ses errances sonores terrifiantes. On peut y entendre les inspirations incantatoires et ancestrales d’un David Eugène Edward (le charismatique chanteur de Wovenhand), même quelques accents chimériques de David Byrne – période Talking Heads.
On a tout dit ?
Non. Ezra Furman est un élégant auteur, un rare interprète. Les chansons de cet album dessinent un voyage initiatique (Transangelic exodus en est le titre) à travers une Amérique cinématographique (voir à cet égard la pochette de l’album, qui semble un hommage au cinéma de Cassavetes ou aux films noirs).
On y ressent l’urgence de crier ses différences et son-mal-être, de provoquer l’auditoire avec bruitages, cris, sentences prophétiques qui ponctuent les morceaux. Ezra Furman est un ange urbain, transgenre, embrassant tout un univers sombre mais tellement régénérant. Les mélodies sont puissantes et jamais complaisantes, parfois interrompues pour créer une césure musicale dramatique.
La douceur y côtoie la rudesse de l’absence, du regret, de l’errance à travers un pays trop grand. En miroir, ce sont les béances et les blessures de son propre corps au milieu de ce paysage sensible.
La route est parsemée de furies lointaines et de souvenirs envoûtants, de grimaces, tout cela nimbé par la chaleur de l’asphalte… Mais suivons-le, ses démons pourraient bien être aussi les nôtres. Ceux que seul le (très bon) rock parvient à incarner.

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