J’avoue, j’aime la pop lisse et sucrée des Carpenters, et vous ?

The Carpenters


En toute confidentialité, en regardant dernièrement un documentaire sur les groupes musicaux des années 70 considérés comme ringards à l’époque, surtout par les amateurs de rock, je me suis surpris moi-même à adorer les chansons acidulées du groupe The Carpenters.

Pour être honnête, en regardant le reportage je me suis souvenu que j’avais une compilation du célèbre duo dans ma collection de CD. Un mea culpa qui s’explique par une fascination pour les deux facettes de la saga des Carpenters :

Une facette heureuse et idéalisée :


en effet ce groupe iconique des années 70-80 formé par le duo frère et sœur, Richard et Karen Carpenter, dont le succès devait refléter une utopie, celle d’une Amérique blanche heureuse pour faire oublier aux américains la guerre du Vietnam, la crise économique et les conflits raciaux. C’est vrai que Karen et Richard ne faisaient pas de la musique engagée, ils ne cherchaient pas à changer le monde, ils voulaient seulement faire sincèrement de la pop joyeuse à travers des mélodies éternelles cachant une certaine mélancolie, celle d’une société américaine malade d’elle-même. Issus d’une famille de la classe moyenne de la banlieue américaine, ils devaient être les représentants de la famille idéale conservatrice à travers l’image d’enfants stars bien sages, innocents, qui font de la pop saupoudrée de mélodies enchanteresses. Les médias les enferment dans la catégorie de modèles pour la jeunesse face à la contre-culture libertaire. Ils sont aussi instrumentalisés par certains hommes politiques comme Nixon qui les reçoit plusieurs fois à la Maison Blanche.

Tandis que pour les rockeurs et les hippies ils sont méprisés, jugés trop propres sur eux, on se moque de leur look trop kitsch, considérés comme un pur produit de l’industrie musicale américaine bien-pensante. Ils ne reconnaissent pas la qualité musicale de leurs compositions, car Richard et Karen, comme tous les génies musicaux, sont des perfectionnistes recherchant dans leur duo fraternel la perfection vocale et musicale pour créer les mélodies parfaites qui furent des tubes planétaires.


Une facette plus sombre et tragique :


Au-delà des sourires de Karen et de Richard pour afficher une vitrine étincelante de leur duo, une réalité beaucoup plus morose de l’histoire du groupe se cache qui se terminera finalement en tragédie, le prix du succès fut fatal. Déjà, historiquement au sein de leur famille, c’est le petit génie Richard  pianiste-chanteur qui devait normalement devenir la super star, mais c’est sa petite sœur discrète Karen qui va le détrôner au sein du groupe par la qualité unique de sa voix angélique et de son brillant jeu à la batterie.

Une rivalité entre frère et sœur qui aura des conséquences brisant le mythe d’une harmonie absolue. Tous les deux sont des bourreaux de travail qui ne se ménagent pas jusqu’à l’épuisement physique durant les 14 années de vie du groupe.

Les blessures familiales, les pressions de l’industrie musicale et du star-système, les critiques et les dénigrements aboutissent à la brûlure de ces icônes d’une utopie américaine à la fin des années 70. Ainsi les enfants chéris des Etats-Unis sont sacrifiés, le rêve américain se brisant à une réalité plus mortifère.

En effet, Richard se drogue aux tranquillisants pour assumer ses responsabilités professionnelles, mais le plus tragique, c’est la descente aux enfers de Karen.

Etant dépressive elle souffre d’une grave anorexie chronique. Le public assiste ainsi en directe à la tragédie sur les plateaux télévisés en voyant le visage de la chanteuse de plus en plus émacié avec des yeux noirs enfoncés plus lugubres que jamais.

En 83 c’est le drame, une des plus belles voix féminines s’éteint, Karen brûlée par les lumières de la célébrité, décède à 33 ans d’une crise cardiaque provoquée par sa maladie.

Aujourd’hui la pop music édulcorée des Carpenters est réhabilitée, le célèbre duo est entrée dans la postérité, Karen est devenue une icône légendaire nous laissant en héritage de belles ballades inoubliables remplies de bons sentiments qui ne peuvent faire que du bien.

Où trouver The Carpenters ?

Auteur : Stephane

Encyclopédiste des années 80 et collectionneur de 45 tours, il ne s'est toujours pas remis de la séparation du groupe ABBA. A toujours rêvé d'être un rockeur à la Rod Stewart mais aurait aimé aussi savoir jouer de la harpe celtique. Véritable archéologue du fonds commun Musique, il souhaite faire revivre des artistes inavouables à travers des articles et des vidéos sur Bmol, en assumant sans complexe son côté rétro et nostalgique de la génération Casimir! A osé un jour passer "Dancing Queen" à l'espace Musique et Cinéma de la bibliothèque Kateb Yacine !

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